Le Stade-Vélodrome, arène politique pour le contrôle de la Métropole Aix-Marseille-Provence
Stade-Vélododrome: arène politique pour la Métropole Aix-Marseille-Provence

Le Stade-Vélodrome, nouveau terrain de jeu politique pour la Métropole Aix-Marseille-Provence

Benoît Payan, le maire divers gauche de Marseille, a été observé au Stade-Vélodrome de Marseille le 3 février 2026. Si l'avenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMP) ne se décide pas entièrement dans l'enceinte sportive, les loges de la tribune présidentielle sont devenues un lieu privilégié de rencontres et d'échanges pour les maires et élus des 92 communes du territoire.

Un enjeu politique majeur derrière les matchs de l'OM

En marge des rencontres de l'Olympique de Marseille, les discussions politiques s'intensifient autour d'une question cruciale : qui prendra les commandes de cette métropole créée en 2016 après les élections municipales de fin mars ? Cet établissement public de coopération intercommunale (EPCI) représente un poids considérable avec près de 2 millions d'habitants et un budget annuel de 5 milliards d'euros.

La bataille pour la présidence d'AMP mobilise particulièrement les élus locaux, car elle conditionne l'application des programmes politiques dans des domaines essentiels comme les transports, la propreté urbaine ou la voirie. Ces compétences métropolitaines influencent directement la vie quotidienne des habitants de la région.

Le souvenir de 2020 et les leçons politiques

L'épisode des élections municipales de 2020 reste dans toutes les mémoires politiques locales. Le Printemps marseillais, bien que vainqueur surprise à Marseille, avait vu la présidence de la métropole lui échapper. Martine Vassal, alors membre des Républicains (LR) et battue aux municipales marseillaises, avait réussi à conserver son fauteuil de présidente qu'elle occupait depuis deux ans.

Ce tour de force politique s'était appuyé sur une promesse stratégique : instaurer une « métropole des maires » plus attentive aux demandes de financement des communes et leur laissant une plus grande autonomie d'action. Le soutien décisif d'Aix-en-Provence et de sa maire de l'époque, Maryse Joissains (LR), combiné à celui de plusieurs élus de gauche motivés par les financements à venir, avait permis cette reconquête du pouvoir métropolitain.

La bataille des 238 conseillers métropolitains

L'enjeu actuel se concentre sur la composition des 238 conseillers métropolitains qui seront élus au suffrage indirect sur les listes municipales. La majorité nécessaire pour contrôler la métropole représente un défi politique complexe, nécessitant des alliances transversales et des négociations serrées.

Les rencontres informelles au Stade-Vélodrome prennent ainsi une dimension stratégique particulière, permettant aux différents acteurs politiques de tester les terrains d'entente possibles et de préparer les futures coalitions. Ces échanges discrets dans l'ambiance feutrée des loges présidentielles contrastent avec l'effervescence des tribunes pendant les matchs de football.

La métropole AMP, avec ses compétences étendues et son budget conséquent, représente un levier de pouvoir essentiel pour celui ou celle qui en prendra la direction. Les discussions actuelles préfigurent ainsi les grandes orientations politiques qui façonneront le développement territorial de la région pour les années à venir.