Philippe Héno, le cardiologue devenu maire de Sanary
Philippe Héno, 62 ans, est le nouveau maire de Sanary, élu largement aux dernières municipales. Ce cardiologue expérimenté va désormais partager ses journées entre ses patients et ses administrés, refusant d'abandonner sa pratique médicale malgré ses nouvelles responsabilités municipales.
Un parcours professionnel riche et atypique
Né en décembre 1963 à Mont-de-Marsan dans les Landes, Philippe Héno a très tôt manifesté sa vocation médicale. « Je devais avoir cinq ans quand j'ai su que je voulais devenir médecin », confie-t-il. Après une brève orientation vers les classes préparatoires scientifiques sur conseil de son proviseur, il parvient à convaincre ses parents de le laisser suivre sa véritable passion.
Il intègre l'École du service de santé des armées de Bordeaux, alors appelée Santé Navale, attiré par la perspective de découvrir le monde et pratiquer la médecine autrement. Durant ses études, il effectue plusieurs missions humanitaires en Afrique, où il prépare même sa thèse.
De la Marine à la cardiologie
Sa carrière militaire le mène d'abord à Toulon en 1989-1990 pour une formation de chirurgien Marine. « Durant six ans j'ai été embarqué sur des bateaux avec lesquels j'ai fait le tour du monde », raconte-t-il, évoquant également des missions de secours à des naufragés et des interventions post-cataclysmes.
De retour en métropole, il devient médecin chef du Groupe de plongeurs démineurs Méditerranée avant de se spécialiser en cardiologie à l'Hôpital d'instruction des Armées Laveran à Marseille à l'âge de 33 ans. Il y passe onze années, réussissant le concours de professeur agrégé, puis termine sa carrière militaire comme chef de service à l'Hôpital national d'instruction des Armées Percy en région parisienne.
Installation à Sanary et engagement politique
C'est en 2012 que Philippe Héno choisit de s'installer définitivement à Sanary, attiré par la présence de son fils aîné et de ses petits-enfants dans le Var. Il rejoint d'abord un cabinet de cardiologie à Toulon avant d'ouvrir le sien il y a trois ans à la Baou.
Son engagement politique local trouve son origine dans une sollicitation d'Élisabeth Moser, alors conseillère municipale d'opposition (devenue depuis adjointe au maire). « J'ai assisté aux conseils municipaux, nous avons commencé à constituer un groupe de travail », explique Philippe Héno. Le groupe lui demande ensuite d'être tête de liste, ce qu'il accepte officiellement en septembre 2024.
Une vie personnelle active
Amoureux de la nature et des animaux (il possède deux chiens et un chat), Philippe Héno apprécie les vacances en plein air mêlant randonnées et visites culturelles. Sportif accompli, il a longtemps pratiqué le rugby dans sa jeunesse et s'adonne aujourd'hui à plusieurs activités :
- Krav maga (licencié du club au gymnase de la Vernette)
- Voile et nautisme (licencié de la Fédération française de voile)
- Pêche sous-marine
Un double engagement professionnel et municipal
Élu maire, Philippe Héno entend poursuivre son activité de cardiologue à mi-temps. « J'ai encore quelques années d'exercice avant de pouvoir prendre ma retraite et, alors qu'on manque de médecins, je ne souhaite pas laisser tomber mes patients. Je vais m'organiser », affirme-t-il avec détermination.
Il justifie son engagement politique par plusieurs facteurs : « Beaucoup de médecins sont candidats aux élections municipales. Cela s'explique car nous sommes proches de la population, nous faisons preuve d'empathie et sommes aussi souvent impliqués dans la vie associative locale ».
Concernant sa vision pour Sanary, il souligne : « A Sanary, l'équipe à la tête de la municipalité était en place depuis trente-sept ans. La ville est très agréable, mais il faut changer un certain nombre de choses. Sanary est une ville très tournée vers le tourisme et qui se souciait davantage des gens qui viennent y passer quelques jours que de ses habitants au quotidien ».
Philippe Héno incarne ainsi cette figure du médecin engagé dans la vie locale, capable de concilier expertise médicale et responsabilités politiques, tout en maintenant un lien fort avec ses patients dont il refuse de se détacher.



