La piscine de Mussidan condamnée par une dette abyssale
Les habitants de Mussidan ont reçu un coup de massue ce vendredi 17 avril. Par le biais des réseaux sociaux, le maire François Lotterie a annoncé que la piscine municipale ne serait pas ouverte cet été. Cette décision radicale est justifiée par une situation financière qualifiée de « catastrophique » par l'édile, suite à un audit financier récent de la commune.
Un budget municipal au bord du gouffre
François Lotterie s'appuie sur les conclusions alarmantes de la Chambre régionale des comptes. Il dépeint une réalité économique inquiétante pour la ville : « des charges structurelles incompressibles (personnel, intérêts de la dette) très élevées pesant lourdement, une capacité d'autofinancement structurelle nette faible depuis quatre ans ». Le premier magistrat insiste : « Une fois réglé le capital des emprunts, il ne reste plus rien pour investir ».
Le poids de la dette est particulièrement écrasant. Elle représenterait l'équivalent de neuf années d'autofinancement pour Mussidan, alors que la moyenne régionale se situe à seulement trois ans et deux mois. Cette disparité souligne l'ampleur des difficultés financières auxquelles la municipalité doit faire face.
700 000 euros de travaux de sécurité indispensables
Au-delà des problèmes budgétaires, la sécurité des usagers est invoquée comme une raison majeure de la fermeture. François Lotterie assume sa décision : « Je ne veux prendre aucun risque avec la sécurité. Les sols sont dangereux, le liner poreux, des gouttières constatées ; les pompes doivent être remises en état ».
Le coût de la remise aux normes de l'équipement estival est estimé à 700 000 euros, une somme que la commune, étranglée financièrement, ne peut actuellement supporter. « 700 000 euros d'investissements sont nécessaires pour la remise à niveau, c'est impossible », conclut le maire, soulignant l'impasse dans laquelle se trouve la municipalité.
Des réactions contrastées et des impacts concrets
L'annonce a immédiatement suscité des réactions vives dans la population. L'élu d'opposition et dirigeant sportif Jean-Michel Canot reconnaît la nécessité de certains travaux, notamment sur les pompes, dont la remise en état est évaluée à 10 000 euros par le maire. Cependant, il exprime des doutes sur le montant global : « Mais 700 000 euros, c'est un peu gros ».
Certains commentaires d'usagers et de familles ont été particulièrement critiques envers François Lotterie, rappelant qu'il a occupé le poste d'adjoint aux finances durant six ans sous l'ancien maire Stéphane Triquart.
La fermeture de la piscine aura des conséquences tangibles pour la communauté :
- Les élèves des écoles et du collège, qui doivent valider le « savoir nager » imposé par les programmes officiels, seront privés de leur lieu d'apprentissage habituel.
- Les centres aérés, l'association Casado et les pompiers, qui utilisaient régulièrement l'équipement, devront trouver des alternatives.
- La fréquentation annuelle, estimée à près de 6 500 entrées, sera redirigée vers les piscines des communes voisines comme Neuvic, Villamblard, Bergerac ou Ribérac.
Cette situation risque également d'inciter certains à se rabattre sur les rivières ou plans d'eau rarement surveillés, augmentant potentiellement les risques pour la sécurité des baigneurs. La fermeture estivale de la piscine de Mussidan illustre ainsi les choix difficiles auxquels sont confrontées les collectivités locales en proie à des difficultés financières majeures.



