Élection de Jacques Auzou à la présidence du Grand Périgueux
Les élections du président et des vice-présidents de la Communauté d'agglomération du Grand Périgueux se sont tenues samedi 11 avril. Ces scrutins ont structuré la nouvelle composition de l'assemblée issue des 43 communes membres, dont les conseillers ont été renouvelés lors des élections municipales récentes.
Un candidat unique pour la présidence
Seul candidat en lice, Jacques Auzou, conseiller municipal de Boulazac-Isle-Manoire, a été élu avec 65 voix favorables. Le scrutin a également enregistré 13 bulletins blancs, trois nuls et un vote pour Thierry Cipierre, maire de Coulounieix-Chamiers. Ce dernier avait un temps été pressenti pour la présidence avant de décliner la candidature.
Dès son élection, Jacques Auzou a exprimé des regrets concernant la campagne électorale. Il a déploré une « campagne de 3e tour qui n'a pas été très très propre », faisant référence à des propos tenus sur sa santé et son équilibre psychique. Le nouveau président a tenu à rassurer les élus : « Certes, j'ai été victime il y a dix ans d'un accident de santé et je peux avoir, comme vous-même, un coup de fatigue. Mais je vous garantis de mes aptitudes intellectuelles pour animer cette équipe du Grand Périgueux. »
Une feuille de route déjà établie
Lors de cette première séance du mandat, les élus étaient installés par ordre alphabétique, avant de se placer ultérieurement par affinités amicales, politiques ou communales. Jacques Auzou a rapidement évoqué les orientations futures, soulignant que l'équipe précédente avait travaillé sur un projet intitulé « Grand Périgueux 2040 ». « Une feuille de route existe. Évidemment, ce n'est pas à prendre ou à laisser, on retravaillera ce projet. Mais une vision du territoire a été partagée par l'équipe, les armoires ne sont pas vides et les dossiers sont prêts », a-t-il affirmé.
Avec humour, le communiste a rassuré l'assemblée : « Je sais lire des résultats d'élections et donc la composition que je vais vous proposer reflète l'environnement politique. Il y a eu des changements, il faut en tenir compte. »
Élection des vice-présidents et tensions politiques
La politique a repris le dessus lors des élections des vice-présidents. Manifestement échaudé par le souvenir de la mandature précédente, Jacques Auzou a proposé de créer 14 vice-présidences au lieu de 15, le maximum autorisé. Il a rappelé le démarrage difficile de la précédente mandature, marqué par des confrontations entre l'Agglo et les élus socialistes de Périgueux.
Le président a estimé que 14 vice-présidents permettaient « de faire tourner la maison », tout en laissant la possibilité de créer une 15e vice-présidence ultérieurement en cas de besoin. Une surprise a émergé : Coulounieix-Chamiers, troisième ville la plus peuplée de l'Agglo, a perdu sa vice-présidence. Jacques Auzou a qualifié cette situation d'« aléas de la vie politique », tandis que Thierry Cipierre, maire de la commune, a parlé de « fait du prince sur ses vassaux », estimant avoir été puni pour avoir envisagé la présidence.
Le siège perdu a été accordé à Périgueux, qui passe ainsi de trois à quatre vice-présidences. Jacques Auzou a souligné avec un sourire : « M. Cipierre n'a pas que des amis dans sa famille politique. » Il a ajouté, comme pour semer la zizanie entre les maires de Périgueux et de Coulounieix-Chamiers, tous deux membres du parti Horizons : « Ça fait quatre vice-présidences en tout, autant qu'en 2020-2026. »
Une opposition qui se structure
Lors des votes, un noyau de 10 à 15 élus a systématiquement voté blanc, formant les prémices d'une opposition. Un élu a suggéré : « Il faudrait peut-être aller voir du côté des socialistes. » Mais cela ne semble pas inquiéter Jacques Auzou, qui déclare : « l'après Auzou a commencé. »
Indemnités des élus
Durant la séance, le montant des indemnités mensuelles versées aux élus a été fixé. Le président Jacques Auzou percevra 5 900 euros bruts. Les 14 vice-présidents recevront 1 500 euros bruts. Les conseillers délégués référents, qui exercent une compétence importante, obtiendront 945 euros bruts, et les autres conseillers 637 euros.
Une nouveauté pour ce mandat est la mise en place d'une indemnité pour couvrir les frais d'exercice du mandat, tels que les déplacements. D'un montant de 246 euros, elle ne sera pas perçue par le président et les vice-présidents.
Notes : Le Groupe des élus libres et indépendants des partis politiques (Gelipp) a proposé la candidature de Jacques Auzou. L'assemblée compte 82 membres, contre 83 lors du mandat précédent, avec des ajustements basés sur le recensement de l'Insee. L'accident de santé mentionné par Jacques Auzou est un accident vasculaire cérébral survenu en 2016.



