Crise budgétaire à Aix-Marseille-Provence : les maires menacent de bloquer le budget
Crise budgétaire à Aix-Marseille-Provence : les maires menacent

Crise financière majeure à la métropole Aix-Marseille-Provence

À peine élu à la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), Nicolas Isnard se retrouve confronté à une période extrêmement critique. Cette situation tendue fait suite à une réunion à huis clos organisée mardi dernier, rassemblant les 92 maires de la collectivité. Lors de cette assemblée, une majorité d'édiles a clairement menacé de ne pas voter le budget de fonctionnement de l'institution dans les délais légaux. Cette décision radicale vise à protester vigoureusement contre la baisse significative des dotations allouées par l'État.

Un déficit abyssal de 123 millions d'euros

Cette réunion convoquée en urgence absolue intervient après la découverte d'un trou financier colossal de 123 millions d'euros dans les comptes de la métropole, précédemment présidée par Martine Vassal. Ce déficit inquiétant s'explique principalement par deux facteurs majeurs :

  • Une hausse substantielle du budget de fonctionnement dédié aux transports publics
  • Une baisse drastique des dotations de l'État, évaluée à 120 millions d'euros sur une période de deux ans

Le maire LR de Salon-de-Provence a publiquement dénoncé cette réduction des financements étatiques, soulignant son impact dévastateur sur les finances métropolitaines.

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La menace d'une mise sous tutelle plane

Défendant ardemment une gouvernance par et pour les maires, le nouveau président Nicolas Isnard a convié l'ensemble des élus afin de trouver des solutions concrètes pour cette métropole, qui est la plus étendue de France avec ses 1,8 million d'habitants et un budget annuel avoisinant les cinq milliards d'euros. Face à l'urgence, un plan d'économies drastiques a été élaboré dans la semaine, proposant des réductions de dépenses à hauteur de 30 millions d'euros.

Pour combler le reste du déficit, les édiles réclament notamment le déplafonnement du Versement Mobilité, une contribution obligatoire versée par toutes les entreprises employant au moins onze salariés. Plusieurs autres pistes ont été sérieusement débattues :

  1. Une augmentation de la fiscalité locale
  2. Une hausse des tarifs appliqués aux transports en commun

Cependant, aucun consensus unanime n'a pu être trouvé entre l'ensemble des maires à ce stade des discussions.

Un appel solennel lancé à l'État

Les élus métropolitains ont décidé de lancer un appel solennel et pressant aux autorités étatiques, plaçant ainsi l'État face à ses responsabilités financières. Dans un communiqué officiel transmis à la rédaction de 20 Minutes, la Métropole a clairement affirmé : « Ce mur de financement ne peut être résolu que par une action déterminée de l'État ». La situation pourrait encore s'envenimer dramatiquement avec le risque réel d'une mise sous tutelle de l'institution, conséquence directe de l'absence de budget de fonctionnement voté dans les délais impartis par la loi.

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