L'Iran intensifie son contrôle sur le détroit d'Ormuz avec des interceptions de navires
Dans une escalade des tensions maritimes, les forces iraniennes ont ciblé trois navires marchands dans le détroit d'Ormuz ce mercredi, selon des rapports concordants d'agences maritimes et des Gardiens de la révolution. Deux de ces navires ont été saisis et dirigés vers les eaux territoriales iraniennes, tandis qu'un troisième a subi d'importants dégâts après avoir essuyé des tirs. Heureusement, aucun blessé n'est à déplorer parmi les équipages des bâtiments concernés.
Des incidents multiples et des dégâts matériels
L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté un premier incident impliquant un porte-conteneurs battant pavillon libérien. Le navire, situé à environ 15 milles nautiques au nord-est d'Oman, a été approché par une vedette des Gardiens de la révolution sans aucun avertissement radio préalable. Les forces iraniennes ont ensuite ouvert le feu, provoquant d'importants dégâts à la passerelle du bâtiment.
"Aucun incendie ni impact environnemental n'a été signalé. L'équipage est sain et sauf", a précisé l'UKMTO dans son communiqué. Selon la société de renseignement Vanguard Tech, ce navire avait pourtant été informé qu'il disposait de l'autorisation nécessaire pour traverser le détroit d'Ormuz.
La version iranienne : des navires tentant de franchir illégalement le détroit
De leur côté, les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont justifié leurs actions en affirmant avoir intercepté deux navires tentant de franchir le détroit sans autorisation. Ils ont identifié ces bâtiments comme étant le "Msc-Francesca", qu'ils disent appartenir "au régime sioniste" en référence à Israël, et l'"Epaminondas", accusé d'altérer les systèmes de navigation et de mettre en péril la sécurité maritime.
Les autorités iraniennes soutiennent que tous les navires doivent obtenir une autorisation préalable pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz. Cette position contraste avec les pratiques maritimes internationales habituelles concernant ce passage stratégique, qui voit transiter en temps de paix environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz, ainsi que d'autres matières premières essentielles.
Un troisième incident et le contexte géopolitique tendu
L'UKMTO a également fait état d'un autre incident impliquant un cargo quittant le détroit d'Ormuz. Le navire, situé à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, a signalé avoir essuyé des tirs et s'est retrouvé temporairement immobilisé en mer. L'agence a confirmé que l'équipage était "sain et sauf" et qu'aucun dégât supplémentaire n'avait été signalé.
Vanguard Tech a identifié ce bâtiment comme étant le porte-conteneurs Euphoria, battant pavillon panaméen. Selon le site de suivi maritime Marinetraffic, le navire a finalement pu reprendre sa route en direction du port saoudien de Jeddah.
Ces incidents surviennent dans un contexte de tensions régionales exacerbées. Le détroit d'Ormuz est actuellement verrouillé par l'Iran en réponse à l'offensive israélo-américaine, tandis que les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens. Paradoxalement, le président américain Donald Trump a annoncé ce même mercredi une prolongation de la trêve entre les deux pays, en vigueur depuis le 8 avril.
Cette série d'interventions maritimes iraniennes illustre la volonté de Téhéran d'affirmer son contrôle sur ce passage stratégique vital pour l'économie mondiale, tout en maintenant une pression constante sur ses adversaires régionaux et internationaux. La situation reste extrêmement volatile dans cette zone où chaque incident maritime peut potentiellement dégénérer en confrontation plus large.



