Wauquiez, l'incendiaire de LR : «Tant qu'il ne sera pas le chef, il essaiera de tuer tout ce qui bouge»
Wauquiez, l'incendiaire de LR : «Tant qu'il ne sera pas le chef...»

Laurent Wauquiez, ancien président des Républicains (LR), est accusé de mener une guerre sans merci contre la direction actuelle du parti, qu'il juge trop modérée. Selon plusieurs cadres du parti, Wauquiez, qui n'a jamais digéré sa défaite à la présidence en 2022, multiplie les attaques frontales contre les instances dirigeantes, allant jusqu'à menacer de faire scission. « Tant qu'il ne sera pas le chef, il essaiera de tuer tout ce qui bouge », confie un député LR sous couvert d'anonymat.

Une stratégie de déstabilisation

Depuis plusieurs semaines, Wauquiez a intensifié ses critiques contre la ligne politique d'Éric Ciotti, le président du parti. Il lui reproche notamment de s'être trop rapproché de la majorité présidentielle sur les questions européennes et de ne pas avoir su incarner une opposition ferme. Lors d'une réunion interne à huis clos le 3 juillet, Wauquiez a déclaré que « LR est en train de devenir une copie du macronisme », selon des participants. Il a également appelé à un « recentrage identitaire » et à une alliance avec les souverainistes.

Des soutiens mais aussi des oppositions

Wauquiez peut compter sur une frange dure du parti, notamment des députés de la région Auvergne-Rhône-Alpes, où il préside la région. Cependant, sa stratégie divise. « Il est en train de brûler ce qu'il reste du parti », regrette un sénateur LR. « Son comportement est autodestructeur et nuit à la crédibilité de la droite », ajoute un ancien ministre. Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2024, seulement 12% des sympathisants LR souhaitent voir Wauquiez prendre la tête du parti, tandis que 68% préfèrent une direction collégiale.

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Une menace de scission

Les proches de Wauquiez évoquent désormais ouvertement la possibilité d'une scission. « Si les choses ne changent pas, nous partirons », a menacé un de ses lieutenants. Cette perspective inquiète les cadres du parti, qui redoutent un effondrement électoral. En 2022, LR avait déjà perdu des milliers d'adhérents, passant de 120 000 à 85 000 cotisants. Une nouvelle fracture pourrait réduire le parti à une simple force régionale.

La réponse de Ciotti

Éric Ciotti, de son côté, tente de minimiser la crise. Dans un entretien au Figaro, il a déclaré que « les divergences sont normales dans un parti démocratique » et qu'il « ne cédera pas aux intimidations ». Il a également rappelé que Wauquiez avait été battu à la présidence et que son comportement relevait « d'un règlement de comptes personnel ». Ciotti a convoqué un bureau politique exceptionnel le 15 juillet pour tenter de désamorcer la crise.

Les conséquences pour la droite

Cette guerre interne affaiblit LR à un moment crucial, à un an des élections municipales de 2026. « Nous sommes en train de perdre du temps et de l'énergie », déplore un élu local. « Pendant ce temps, le RN et Macron se partagent l'électorat de droite ». Selon une étude de l'institut CSA, la part des intentions de vote pour LR aux prochaines municipales est passée de 18% à 14% en six mois. Si la crise persiste, la droite pourrait bien disparaître du paysage politique national.

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