Le tribunal administratif de Montpellier a examiné ce mardi la demande d'annulation de l'élection de Laurent Jaoul à la tête de la commune de Saint-Brès, déposée par son opposante Frédérique Réa. La décision sera rendue ce vendredi. La question centrale est de savoir si des irrégularités substantielles ont été commises lors des élections municipales et, le cas échéant, si le scrutin qui a vu la victoire du maire sortant peut être annulé.
Les irrégularités soulevées par l'opposition
Frédérique Réa, qui a perdu par un écart de 124 voix, a saisi la juridiction d'une protestation électorale. Avec son avocat, Me Romain Geoffret, elle a mis en avant de nombreuses irrégularités présumées, notamment :
- Un meeting tenu le 13 mars, deux jours avant le vote, où sa moralité aurait été mise en cause.
- Des publications sur Facebook au-delà de la période de silence électoral.
- Des pressions exercées sur la communauté gitane sédentaire de la commune.
L'avis du rapporteur public
Le rapporteur public a estimé que ces éléments ne permettaient pas d'établir le caractère substantiel des irrégularités, qui aurait pu modifier le résultat. Il a souligné qu'un tract distribué n'apportait aucun élément polémique nouveau. Cependant, il a reconnu que le doute était permis concernant les pressions sur la communauté gitane, dont des membres ont été reçus au CCAS avant le vote et accompagnés dans les bureaux. Mais il a noté que seulement 19 personnes de cette communauté ont voté, un chiffre rapporté à l'écart final. Il a donc recommandé le rejet de la demande d'annulation, tout en précisant que cela ne valide pas le bon déroulement du scrutin.
Les arguments des avocats
Me Romain Geoffret a contesté ces conclusions, rappelant qu'un basculement de seulement 63 voix aurait suffi à inverser le résultat. Il a insisté sur la gravité des manœuvres, qui ne se limitent pas à l'écart de voix, et a proposé d'entendre sous serment trois agents municipaux témoins de scènes équivoques. En réponse, Me Jean-Marc Maillot, avocat de Laurent Jaoul, a qualifié les griefs de mensongers et incohérents, accusant la partie adverse de monter des éléments pour étayer sa démonstration.
Le tribunal administratif rendra sa décision ce vendredi, mettant fin à ce contentieux électoral.



