Municipales 2026 à Pézenas : L'économie au centre des débats pour contrer le déclin
Dans le cadre des élections municipales de 2026 à Pézenas, le maire sortant Armand Rivière (gauche plurielle) et son principal opposant Philippe Huppé (centre droit) se sont affrontés lors d'un débat organisé par Midi Libre au Foyer des campagnes. Les deux candidats ont exposé leurs visions divergentes pour l'avenir économique et culturel de la cité de Molière, mettant en lumière des défis financiers majeurs.
Contexte budgétaire contraint et stratégies économiques opposées
Armand Rivière a immédiatement rappelé le contexte financier difficile hérité de son mandat : « Ce mandat a débuté avec la crise du Covid et une dette municipale oscillant entre 14 et 19 millions d'euros, selon l'inclusion ou non de Saint-Christol ». Face à une fiscalité déjà élevée, le maire sortant a expliqué avoir privilégié la mutualisation des forces, des compétences et des services, ainsi que le développement de partenariats avec d'autres collectivités et acteurs privés.
Philippe Huppé, quant à lui, a martelé une position plus offensive : « L'économie doit être la mère des batailles. Pézenas s'amenuise comme une lanterne, elle s'étiole face aux petites villes environnantes comme Bassan ou Roujan qui grignotent notre économie avec leurs zones d'activité ». Le candidat du centre droit insiste sur la nécessité de créer de la richesse localement pour inverser cette tendance.
Thermoludisme et formation : Les pistes de développement
En réponse aux propositions de son adversaire, Armand Rivière a rejeté l'idée d'implanter des grandes surfaces comme Action à la sortie de la ville, soulignant la rareté du foncier disponible sur la commune. Il a plutôt mis en avant le développement du thermoludisme – un thermalisme axé sur le bien-être – dans le futur quartier Saint-Christol comme axe stratégique.
Le maire sortant a également insisté sur l'importance cruciale de la formation, notamment dans les métiers d'art, les abattoirs et le secteur thermoludique. Philippe Huppé a toutefois émis des réserves concernant la formation aux métiers d'art à la Maison consulaire, pointant du doigt le manque d'espace et d'équipements adaptés comme des fours à poterie.
Culture : Le musée Vulliot et la collégiale Saint-Jean en débat
La question culturelle a également occupé une place importante dans les échanges, notamment concernant le musée Vulliot-Saint-Germain. Philippe Huppé a exprimé sa volonté de nommer un conservateur et d'entreprendre des travaux de rénovation, « quitte à fermer temporairement le musée ». Il déplore que Pézenas, pourtant cité touristique, n'attire pas d'expositions phares comparables à celles de Lodève ou Sète.
Armand Rivière a répliqué en soulignant les contraintes financières : « Il faut au moins 1 million d'euros rien que pour réparer la toiture du musée. La Ville n'a actuellement pas les moyens de financer un conservateur ». Concernant la collégiale Saint-Jean, souvent critiquée pour ses ouvertures limitées, le maire a justifié cette situation par des travaux de rénovation essentiels, avec une injection de 285 000 euros pour résoudre des problèmes d'infiltration.
Ce débat révèle ainsi des clivages profonds sur la manière de redynamiser Pézenas, entre approche pragmatique face aux contraintes budgétaires et volonté de rupture économique. Les électeurs devront trancher en 2026 entre ces deux visions pour l'avenir de leur commune.