Une campagne de prévention intensive dans le Gard
Face à la consommation détournée du protoxyde d'azote, communément appelé "gaz hilarant" ou "proto", la direction interdépartementale de la police nationale du Gard (DIPN 30) a lancé une vaste opération de sensibilisation auprès des jeunes. Initiée en février 2025, cette action cible spécifiquement les collégiens, lycéens et sportifs du département, avec un objectif clair : prévenir les risques graves liés à cette pratique.
Un cas dramatique à l'origine de la mobilisation
La motivation de cette campagne trouve sa source dans un événement tragique. Un jeune, devenu tétraplégique après une seule prise de protoxyde d'azote, a alerté les autorités. Bien que ce cas reste rare, il illustre les dangers potentiels de cette substance. Cette réalité a poussé la DIPN 30 à agir de manière proactive, en intervenant directement dans les lieux fréquentés par les adolescents.
Dix interventions et 550 jeunes touchés
En moins d'un an, la police a réalisé une dizaine de visites dans divers établissements. Les interventions ont eu lieu dans des collèges et lycées de Nîmes, Beaucaire et La Grand-Combe, ainsi que dans des structures sportives comme le MGUN Basket et le centre de formation de Nîmes Olympique. Au total, près de 550 jeunes âgés de 14 à 18 ans ont été sensibilisés.
Le dispositif inclut la diffusion d'une interview filmée d'un médecin, qui explique les conséquences d'une consommation régulière sur le cerveau. Les réactions des adolescents sont souvent marquées par la surprise, comme le relève la DIPN 30 : "Et ce qui ressort, c’est leur surprise sur la dangerosité de cet usage détourné. Vu que l’effet ne dure pas longtemps et que tout le monde semble en consommer, ils ne mesurent pas les risques."
Rappel de la réglementation et saisie importante
Ces rencontres sont également l'occasion de rappeler le cadre légal. Depuis le 2 février, le transport de bonbonnes de protoxyde d'azote "sans motif légitime" est sanctionné, tout comme la consommation sur la voie publique. La police a d'ailleurs procédé à une interpellation significative : un homme a été arrêté le 3 février alors qu'il transportait 31 cartons de bonbonnes, destinés à une épicerie du centre-ville de Nîmes. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de cette affaire.
Une action qui se poursuivra en 2026
Face à l'ampleur du phénomène, la DIPN 30 ne compte pas s'arrêter là. Les interventions seront étendues à d'autres établissements scolaires et clubs sportifs du département en 2026, avec pour ambition de toucher un maximum de jeunes. L'objectif est clair : éviter des conséquences dramatiques en informant et en prévenant, tout en appliquant fermement la loi pour dissuader les comportements à risque.