Ce mardi 7 juillet 2026, la Cour d'appel de Paris a rendu son arrêt dans le procès en appel de Marine Le Pen, poursuivie dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (FN). La décision était très attendue, tant sur le plan politique que judiciaire.
Le verdict de la cour
La cour a confirmé la condamnation de Marine Le Pen à quatre ans de prison, dont deux ferme, avec une peine d'inéligibilité de cinq ans. Cette décision la prive de la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle de 2027. Selon une source proche du dossier, la cour a estimé que les faits de détournement de fonds publics étaient établis.
L'avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut, a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. « Nous contestons cette décision et nous irons jusqu'au bout pour défendre les droits de notre cliente », a-t-il déclaré à la sortie de l'audience.
Les faits reprochés
Dans cette affaire, Marine Le Pen était accusée d'avoir mis en place un système de détournement de fonds publics entre 2004 et 2016, en utilisant des assistants parlementaires européens pour des tâches liées au parti plutôt qu'au Parlement européen. Le préjudice total est estimé à plus de 6,8 millions d'euros par le Parlement européen, partie civile.
Réactions politiques
La décision a suscité de vives réactions. Le Rassemblement national (RN) a dénoncé un « acharnement judiciaire ». Jordan Bardella, président du parti, a déclaré : « Nous assistons à une tentative d'élimination politique par la justice. Marine Le Pen est la cible d'un système qui veut l'empêcher de concourir. » De son côté, la classe politique, tous bords confondus, a salué l'indépendance de la justice. Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a rappelé que « la justice rend ses décisions en toute indépendance et que nul n'est au-dessus des lois ».
Impact sur l'élection présidentielle
Cette condamnation a des conséquences directes sur la vie politique française. Marine Le Pen, candidate déclarée pour 2027, ne pourra pas se présenter si la peine d'inéligibilité est maintenue en cassation. Le RN devra donc trouver un autre candidat. Selon un sondage Ifop réalisé après l'arrêt, 62 % des Français estiment que la décision est juste, tandis que 38 % y voient une ingérence politique.
Prochaines étapes judiciaires
Le pourvoi en cassation devrait être examiné dans un délai de six à douze mois. En attendant, Marine Le Pen reste présumée innocente, mais la peine d'inéligibilité est immédiatement exécutoire. L'audience de ce mardi a duré près de six heures, les juges ayant longuement motivé leur décision. Le parquet général avait requis une peine similaire en appel.



