Un élu pas comme les autres
Grégory Bobbato, maire de Saint-Denis depuis 2020, ne laisse personne indifférent. Avec son look de rappeur et ses méthodes peu conventionnelles, il bouscule les codes de la politique traditionnelle. Ce quadragénaire, issu de l'immigration comorienne, a su conquérir une ville marquée par les difficultés sociales et économiques.
Un parcours atypique
Né à Marseille, Bobbato a grandi dans une cité sensible. Après des études de droit, il s'engage dans le social avant de se lancer en politique. Il est élu maire sous l'étiquette divers gauche, mais son positionnement est souvent qualifié de populiste. Il n'hésite pas à critiquer ouvertement le gouvernement et à défendre des mesures radicales, comme l'instauration d'un revenu universel ou la gratuité des transports.
Son style vestimentaire, baskets et sweat à capuche, tranche avec l'image classique de l'édile. Il utilise aussi les réseaux sociaux pour communiquer directement avec les habitants, diffusant parfois des vidéos de ses réunions ou de ses coups de gueule. Cette proximité lui vaut une popularité certaine, mais aussi des critiques sur son manque de sérieux.
Des actions controversées
Bobbato a multiplié les initiatives polémiques. Il a notamment autorisé l'installation de caméras de surveillance dans les écoles, une décision jugée liberticide par certains. Il a aussi proposé de renommer une rue en hommage à un truand local, ce qui a suscité l'indignation. Plus récemment, il a soutenu une manifestation contre le pass sanitaire, s'attirant les foudres de la préfecture.
Malgré ces controverses, Bobbato reste populaire dans sa ville. Il incarne une forme de rupture avec les élites, et son discours séduit une partie de la population qui se sent abandonnée. Son mandat est suivi de près par les médias, qui voient en lui un phénomène politique atypique.
Un avenir incertain
À deux ans des prochaines municipales, Bobbato est déjà candidat à sa réélection. Mais son style pourrait lui jouer des tours. Ses adversaires politiques l'accusent de faire de la politique spectacle et de négliger les dossiers concrets. L'avenir dira si ce maire agité parviendra à conserver son fauteuil.



