Glucksmann multiplie les initiatives pour créer une dynamique à gauche
Glucksmann : initiatives et meeting pour une dynamique à gauche

L’eurodéputé Raphaël Glucksmann multiplie les initiatives politiques et éditoriales pour construire une dynamique à gauche tout en écartant l’idée d’une primaire. Pas encore officiellement candidat à la présidentielle, il espère créer un élan avant l’été, avec la publication d’un livre et un meeting, l’occasion aussi d’enterrer définitivement l’idée d’une primaire de la gauche.

Une stratégie de rassemblement à gauche

Positionné sur une ligne sociale-démocrate, pro-européenne, écologiste, mais aussi anti-LFI, Raphaël Glucksmann s’est associé à l’écologiste Yannick Jadot, au socialiste Boris Vallaud et à l’ex-socialiste Emmanuel Maurel, pour lancer une initiative, « Construire 2027 », visant à établir un projet commun « crédible et mobilisateur » face à l’extrême droite. Ils se réunissent régulièrement, notamment à la Maison Saint-Martin, un restaurant parisien, pour peaufiner la stratégie.

« Il y a toujours des nouveaux », se félicite Yannick Jadot, citant parmi les convives les socialistes Carole Delga, présidente de la région Occitanie, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, Michaël Delafosse, maire de Montpellier, Hélène Geoffroy, l’ex-maire de Vaulx-en-Velin, tous opposants au premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. Dans cette équipe se trouvent aussi des communistes : le sénateur Pierre Ouzoulias, le député Yannick Monnet, l’ex-sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, et des membres de la société civile comme Laurence Tubiana.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La question de la candidature unique

Pour rendre acceptable « une candidature commune sur un spectre politique aussi large », Yannick Jadot résume : « C’est ceinture et bretelles, avec un programme, puis une équipe qui porte ce projet et apparaît comme pouvant gouverner le pays. Puis un accord pour les législatives ». Tous en sont persuadés, le Parti socialiste mais aussi une partie des écologistes les rejoindront, et mettront un terme définitif à la tentative de primaire de la gauche, défendue par Olivier Faure et la patronne des écologistes Marine Tondelier. « On a des indicateurs de plus en plus forts que le Parti socialiste se résout ou se convainc que la candidature de Raphaël devient la meilleure », résume Sacha Houlié, ex-député macroniste qui a rallié l’eurodéputé.

Quant à l’ex-insoumis François Ruffin, déjà candidat, ou le communiste Fabien Roussel, qui envisage de l’être, « ils n’auront pas le choix. Quand il y aura une dynamique à 17-18 % et qu’ils seront à trois, ce sera fini », prévient un proche de l’eurodéputé. C’est seulement après la construction de l’équipe qu’interviendra la désignation du « candidat le mieux placé », prévoit Raphaël Glucksmann. Sans grand suspens, puisqu’il est à ce stade celui qui dispose dans les sondages des meilleures intentions au sein de cet espace politique (autour de 12 %), pour espérer capter le vote utile à gauche face à Jean-Luc Mélenchon. Même si l’ancien président François Hollande est aussi en embuscade.

Des échéances politiques à court terme

Raphaël Glucksmann a déjà prévu un meeting le 13 juin à Aubervilliers, où il va « montrer son envie » de gagner. « Tous ceux qui en doutent en seront pour leur frais », assure Sacha Houlié. « Ce que vont retenir les gens c’est ce que ce type-là peut diriger le pays », considère Yannick Jadot, qui juge que le moment du « rassemblement aura lieu en septembre ». « Mais il faut se mettre d’accord avant l’été. On ne peut pas faire les rentrées politiques dans ce bordel ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Au Parti socialiste, il reste des sceptiques : Raphaël Glucksmann « n’est pas capable de battre Éric Zemmour dans un débat », assure un député, en référence à son duel raté avec le candidat d’extrême droite sur LCI en novembre. Le même fustige aussi la récente parution d’une note « délirante » d’un conseiller de l’eurodéputé, lui suggérant d'« éviter » certaines cibles électorales qui lui sont moins favorables, comme les banlieues, les faibles revenus et les jeunes. Raphaël Glucksmann a affirmé être « à l’opposé » de cette note qu’il a immédiatement rejetée. Dans l’entourage d’Olivier Faure, on ironise aussi sur son appel à « un grand sursaut patriotique » : dans son livre, le thème de « la Nation » est très présent, ce n’est « pas tout à fait l’angle naturel de quelqu’un qui est candidat pour la gauche ».