Francis Tujague, maire communiste de Contes depuis 1996, a été réélu dès le premier tour des municipales de mars 2026 avec 73,99% des suffrages. À 79 ans, il assure qu'il s'agit de son dernier mandat et qu'il prépare déjà sa succession.
Un sixième mandat sans routine
Interrogé sur ce nouveau mandat, Francis Tujague déclare : « Ah non, toutes les élections ont leur originalité. D'ailleurs, c'est la première fois qu'on se retrouve opposé à une liste d'extrême droite, du moins en grande partie. Et c'est le meilleur résultat que nous ayons jamais fait depuis que nous sommes élus, en nombre de voix. C'est une satisfaction. »
Le maire explique le succès du Parti communiste aux municipales dans une ville qui vote largement à l'extrême droite aux législatives et aux présidentielles par le lien de proximité : « Dans les communes à taille humaine, les gens savent qui décide et ce qu'on réalise. C'est bon, c'est pas bon, c'est du concret, et ils votent pour une équipe municipale en conséquence. Mais on est à Contes d'une part, et d'autre part, on est aussi en France. »
Être communiste en 2026
Pour Francis Tujague, être communiste en 2026, c'est « porter des valeurs de gauche. Quand on a un peu de pouvoir, c'est faire en sorte que les gens les plus modestes puissent accéder à l'enseignement, à la culture, au sport, aux loisirs. Qu'ils puissent avoir une vie aussi riche que les gens qui ont les moyens de s'offrir seuls tous ces avantages. C'est ça, être de gauche, je crois. »
Parmi les projets de cette nouvelle mandature, il cite la poursuite du développement des services publics : « Continuer à mettre à la disposition des Contois des services publics de qualité. Quand je suis arrivé ici, c'était dépourvu de tout : il n'y avait, en gros, que le football et le comité des fêtes. Aujourd'hui, on a 80 associations qui fonctionnent très bien. »
Un dernier mandat et une succession préparée
Francis Tujague confirme qu'il s'agit logiquement de son dernier mandat. Il souhaite que l'on se souvienne de lui comme d'un maire qui a contribué à faire de Contes une commune dynamique. Il exprime sa fierté d'avoir travaillé aux côtés de Gérard de Zordo, son adjoint aux Finances, et rend hommage à M. Carlès, ancien maire PCF de Contes, qui lui a tout appris.
Son plus grand regret est la montée de l'extrême droite à Contes alors que, selon lui, il n'y a pas de problème d'immigration dans la commune. « Il n'y a aucun des problèmes qui semblent justifier la montée de l'extrême droite au niveau national. Ceci dit, on est en France, et les Contois sont Français, ils écoutent la radio, regardent la télé, lisent Nice-Matin, et se font une opinion comme tous les autres Français. »
Candidat aux sénatoriales
Francis Tujague est candidat aux élections sénatoriales de septembre 2026. Il explique : « On m'a sollicité pour mener une liste de rassemblement, et si ça permet aux écolos et à la gauche de se rassembler, alors oui, je suis candidat. La dernière fois, on avait une liste commune et on a fait un excellent résultat, on a failli être élu. »
Interrogé sur la possibilité d'abandonner la mairie en cas d'élection au Sénat en raison de la loi sur le cumul des mandats, il répond : « Ah non, je ne peux pas abandonner la mairie (rires). Mais la gauche et les écolos ne peuvent pas décemment laisser la droite et l'extrême droite occuper seules le terrain. C'est une question de principe, d'engagement. »
Trois priorités pour le mandat
Francis Tujague détaille ses trois priorités pour les six ans à venir :
- La maison de la biodiversité et du développement durable : « Nous sommes en train de la construire et c'est important, avec tout ce qui se passe en matière d'évolution du climat. »
- Sa succession : « Ma deuxième priorité, c'est créer les conditions pour que je puisse me reposer dans six ans, sachant qu'il y a dans notre équipe plein de jeunes femmes et hommes de grande qualité qui prendront ma place. »
- Le site Lafarge : « Il y a quelque chose d'essentiel pour les six ans qui viennent, c'est la reconversion du site Lafarge. C'est une œuvre que nous devons bâtir dans les 2 ou 3 ans qui viennent avec la communauté de communes. Nous devons réussir quelque chose de bien, quelque chose qui change la vie dans la vallée, notamment au niveau de l'emploi, et qui n'aggrave pas les questions de circulation. »
Coup de cœur et coup de gueule
Son coup de cœur : « L'ascenseur incliné. C'est la seule commune des Alpes-Maritimes, et je pense de France, qui a un outil de cette nature. Et ça, c'est une réussite, car ça a changé complètement la vie du village perché. C'est une fierté. »
Son coup de gueule : « Comme tout le monde, l'administration. On a trop souvent des aberrations administratives qui nous tombent sur le nez, c'est incroyable. »



