Une réélection sans surprise mais des défis bien réels
Corine Bartherotte a été réélue maire de Castella dès le premier tour des élections municipales, en l'absence totale de concurrence. Si cette situation d'« isolement » politique ne semble pas la perturber, la question de la parité imposée dans les listes électorales la touche particulièrement. Elle a même dû déposer sa liste une deuxième fois pour se conformer aux règles de parité. « J'étais en deuxième position comme tête de liste. On m'a donc demandé de trouver une femme supplémentaire et de faire glisser le dernier homme en position de remplaçant », explique-t-elle.
Entre parité théorique et réalité du terrain
Après un mandat en tant que première adjointe, Corine Bartherotte est devenue maire de ce village de 370 habitants en 2020, l'une des plus petites communes de l'agglomération du Grand Villeneuvois. Pour elle, le principe de la parité a du bon : « Il faut plus de femmes en politique. » Cependant, elle critique son application mécanique : « Demander de la respecter sur le papier est inutile. Ces décisions sont prises par des têtes pensantes d'en haut qui ne voient pas les difficultés des petites communes. »
La première magistrate doit en effet gérer des sujets très concrets et terre à terre. « Nous n'avons plus d'employé d'entretien depuis un an. Il est en arrêt maladie. Ce sont donc les élus qui tondent les espaces verts, hormis pour la première coupe où nous avons dû faire appel à la Régie de territoire, ce qui engendre un coût supplémentaire », détaille-t-elle.
Une femme seule parmi les maires
Les effets de ces politiques de parité restent limités sur le terrain. La preuve : au Conseil communautaire, sur 19 maires, 18 sont des hommes. « Quand j'ai appris que Christelle Prellon, de Monbalen, ne se représentait pas et que Marie-Laure Grenier, de Casseneuil, n'était pas réélue, j'ai réalisé que je serais probablement la seule femme. Je ferai avec, cela ne me pose pas de souci », confie-t-elle avec philosophie.
Mère de quatre enfants et jeune retraitée de la fonction publique territoriale après 26 années de cotisation, Corine Bartherotte comprend les difficultés des femmes à concilier vie familiale, carrière et engagement public. « Je ne travaille plus et ma dernière fille est aux études. Quand tout le monde était à la maison, c'était compliqué », reconnaît-elle.
La gestion au quotidien d'une petite commune
« Pas du tout, du tout politique » selon ses propres termes, la maire de Castella se consacre entièrement à sa commune. « Ça prend déjà beaucoup de temps. Ici, nous n'avons pas d'administration ni de directeur de cabinet. On gère tout : les personnes âgées, les chiens, les moutons qui divaguent… » La tâche est complexe et exigeante. « Il faut avoir envie », résume-t-elle simplement.
Quant à une éventuelle vice-présidence à la Communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois, elle en rit : « Je n'y ai même pas pensé. Si je devais y aller, ce ne serait pas pour une question de finances. Éventuellement pour que l'on m'apporte un bouquet de fleurs à chaque fois. »
Des préoccupations pour l'avenir
L'absence de relève politique l'inquiète cependant. « Il n'y avait qu'une liste cette année, même pas d'homme pour en monter une autre. Ça m'inquiète un peu, d'autant qu'au Conseil, certains élus, je le sais, ne se représenteront pas. »
Les chantiers ne manquent pourtant pas, même s'ils ne sont pas de grande envergure. Les toilettes de l'école nécessitent des travaux et le parvis de l'église mériterait un embellissement. Que le mandat municipal dure six ou sept ans ne change rien à sa détermination : « Un an de plus ou de moins, on est prêt. »
Corine Bartherotte incarne ainsi le paradoxe des petites communes rurales : entre les exigences réglementaires venues « d'en haut » et la réalité quotidienne d'une gestion de proximité où chaque euro compte et où les élus doivent souvent se substituer aux services publics défaillants.



