Colombie-Équateur : Petro poursuit Noboa pour diffamation dans une crise diplomatique
Colombie-Équateur : Petro poursuit Noboa pour diffamation

Une crise diplomatique qui s'intensifie entre la Colombie et l'Équateur

Le président colombien Gustavo Petro a annoncé ce dimanche son intention de poursuivre pénalement son homologue équatorien Daniel Noboa pour diffamation. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux nations sud-américaines, déjà en proie à une guerre commerciale depuis plusieurs mois.

Des accusations graves de liens avec le narcotrafic

Daniel Noboa avait récemment affirmé dans les colonnes du magazine colombien Semana que Gustavo Petro avait rencontré des membres du mouvement Révolution citoyenne lors d'une visite privée au port de Manta, dans le sud-ouest de l'Équateur. Ce mouvement est dirigé par l'ancien président socialiste Rafael Correa, qui a gouverné le pays de 2007 à 2017.

L'équatorien a précisé que certains de ces membres auraient des liens avec « Fito », pseudonyme de José Adolfo Macías, chef du puissant groupe de narcotrafiquants Los Choneros. Ce groupe est lui-même lié au cartel mexicain de Sinaloa. José Adolfo Macías a été extradé vers les États-Unis après le passage de Gustavo Petro dans ce port de pêche.

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La réponse ferme du président colombien

Sur le réseau social X, Gustavo Petro a déclaré : « J'ai décidé de poursuivre pénalement le président Noboa pour diffamation ». Il a ironisé en répondant aux accusations : « Je ne sais pas si le fait de se rendre quelque part en Équateur implique la suspicion de contacts louches ».

Le dirigeant colombien a également annoncé qu'il publierait prochainement la liste des Équatoriens capturés et extradés sous son gouvernement. Cette publication vise à dissiper tout doute quant à son engagement dans la lutte contre le crime organisé.

Un conflit aux multiples facettes

Les tensions entre les deux pays ne se limitent pas à ces accusations. Daniel Noboa reproche à Gustavo Petro son manque présumé de soutien dans la lutte contre le trafic de drogue à la frontière commune. Depuis février, les deux nations se livrent à une guerre commerciale avec des droits de douane s'élevant à 100%.

La crise diplomatique s'est encore aggravée récemment lorsque Gustavo Petro a qualifié Jorge Glas de « prisonnier politique ». Cet ancien vice-président de Rafael Correa, en poste entre 2013 et 2017, a été condamné pour corruption. Cette déclaration a conduit au rappel des ambassadeurs des deux pays, illustrant la profondeur des désaccords.

Une diplomatie sous haute tension

Cette affaire de diffamation s'inscrit dans un contexte plus large de relations tendues entre la Colombie et l'Équateur. Les deux pays, voisins géographiques, font face à des défis communs en matière de sécurité et de lutte contre le narcotrafic, mais leurs approches politiques diffèrent sensiblement.

La décision de Gustavo Petro de poursuivre son homologue équatorien marque un tournant dans cette crise. Elle témoigne de l'importance des enjeux de réputation et de crédibilité pour les dirigeants de la région, dans un contexte où la lutte contre le crime organisé reste une priorité absolue.

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