Face à la dénatalité, une commission parlementaire propose des mesures choc
Commission parlementaire propose des mesures contre la dénatalité

La France face au « vertige démographique » : une commission parlementaire propose une révolution de la politique familiale

Face à la baisse inquiétante des naissances en France, une commission parlementaire vient de présenter un rapport contenant trente-sept mesures ambitieuses pour répondre au renoncement des couples face au désir d'enfant. Le constat est alarmant : en quinze ans, le pays a enregistré vingt-deux pour cent de naissances en moins, une situation que le président Emmanuel Macron a qualifiée de « réarmement démographique » le 16 janvier 2024.

Un renoncement multifactoriel face à un désir d'enfant pourtant élevé

Le député Jérémie Patrier-Leitus, rapporteur de la mission sur les causes et conséquences de la dénatalité, a présenté ses conclusions ce mercredi 11 février au Parlement. « Cette dénatalité n'est pas liée à un manque de désir d'enfant, mais à un renoncement », a-t-il déclaré, soulignant que le désir d'enfant en France reste l'un des plus élevés d'Europe.

Les raisons de ce renoncement sont multiples : « Les freins sont multifactoriels, le logement en est un. On a des couples qui nous ont dit 'on n'élève pas un enfant en cage'. Il y a la question des modes de garde, son aspect financier, les conditions de sécurité et la baisse du niveau de vie liée à la naissance d'un enfant », a expliqué le député.

La Nouvelle-Aquitaine, région particulièrement touchée

La situation est particulièrement préoccupante en Nouvelle-Aquitaine, où les chiffres illustrent ce « vertige démographique ». La région a enregistré en 2024 vingt-et-un mille neuf cents décès de plus que de naissances, avec un indicateur de fécondité tombé à 1,45 enfant contre 1,86 en 2010, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations.

Trente-sept mesures pour une politique familiale universelle

Parmi les propositions phares présentées par la commission :

  • Une allocation universelle de 250 euros mensuels de la naissance jusqu'aux vingt ans de l'enfant, sans condition de ressources
  • Un congé parental unifié d'une année, indemnisé et indexé proportionnellement au salaire
  • Un prêt à taux zéro pour l'achat d'un logement à la naissance d'un enfant
  • L'ouverture du congé de proche aidant aux grands-parents pour des gardes ponctuelles
  • La création d'une « carte famille » dès le second enfant offrant des avantages tarifaires dans les transports et lieux culturels

« La politique familiale que nous construisons se veut universelle, sans conditions, stable et lisible », a martelé Jérémie Patrier-Leitus. « Pour cela, nous demandons un ministère dédié à la famille rattaché au Premier ministre ».

Un plan Marshall pour la petite enfance

La commission propose également un véritable plan Marshall pour les modes de garde, fondé sur la valorisation et l'unification des métiers de la petite enfance. Concernant l'espace public, la proposition trente-et-un prévoit des espaces aménagés pour les enfants dans les trains, une réponse directe aux rames « no kids » de la SNCF.

Le rapport insiste sur la nécessité d'inscrire ces mesures dans un plan quinquennal pour garantir stabilité et lisibilité. « L'État n'est pas là pour inciter à faire des enfants à tout prix, mais pour permettre à ceux qui le souhaitent d'aller au bout de leur désir d'enfant », a conclu le député, appelant à une véritable révolution de la politique familiale française.