Dans le monde impitoyable de l'automobile, le paysage peut changer à toute vitesse. Entre 2018 et 2021, Volkswagen occupait la prestigieuse place de premier constructeur mondial, après avoir dominé le marché européen pendant trois décennies. L'euphorie des sommets a aujourd'hui laissé la place à une crise majeure, à l'image de celle que traverse tout le secteur en Allemagne.
Un plan de suppression massive d'emplois
Le géant de Wolfsburg pourrait supprimer jusqu'à 100 000 emplois d'ici 2030, soit 15 % de ses effectifs dans le monde, selon des informations du mensuel économique Manager Magazin. Ce chiffre, qui représente une part significative de la main-d'œuvre mondiale du constructeur, illustre l'ampleur des difficultés rencontrées par l'entreprise.
Volkswagen, qui employait environ 677 000 personnes fin 2022, fait face à une transformation profonde de l'industrie automobile, marquée par le passage à l'électrique et une concurrence accrue, notamment des constructeurs chinois.
Une stratégie électrique remise en cause
Selon un grand industriel allemand ayant requis l'anonymat, "Volkswagen a fait un mauvais choix en abandonnant quasiment le moteur à combustion pour miser entièrement sur l'électrique." Cette critique reflète un débat au sein de l'industrie allemande sur la vitesse de la transition énergétique. L'industriel reste toutefois confiant quant à la capacité de redressement de l'entreprise : "L'entreprise se redressera car elle dispose d'un savoir-faire exceptionnel et de solides réseaux de distribution, mais elle ne sera plus un moteur de croissance."
Volkswagen a investi des dizaines de milliards d'euros dans l'électrification de sa gamme, avec des modèles comme l'ID.3 et l'ID.4. Cependant, les ventes de véhicules électriques n'ont pas atteint les objectifs espérés, et le constructeur a dû revoir ses ambitions à la baisse.
Un contexte de crise sectorielle en Allemagne
Ces suppressions d'emplois potentielles s'inscrivent dans un contexte plus large de crise de l'industrie automobile allemande. Des fournisseurs comme Bosch et Continental ont également annoncé des plans de réduction d'effectifs. La transition vers l'électrique, couplée à une demande atone et à une concurrence internationale féroce, pèse lourdement sur le secteur.
Volkswagen n'a pas officiellement commenté les informations de Manager Magazin. Le constructeur a toutefois déjà annoncé un programme d'économies de 10 milliards d'euros d'ici 2026, incluant des départs naturels et des préretraites.
L'avenir de Volkswagen dépendra de sa capacité à naviguer dans cette transition tout en préservant son héritage industriel et son savoir-faire. Mais selon l'industriel cité, le géant allemand ne retrouvera probablement pas son rôle passé de moteur de croissance pour l'économie allemande.



