Les inégalités salariales continuent de se creuser en France. Une étude conjointe publiée par l'ONG Oxfam et la Confédération syndicale internationale (CSI) ce vendredi 1er mai 2026 révèle que la rémunération des grands patrons a augmenté trois fois plus vite que celle des salariés en 2025. À l'occasion de la journée internationale des travailleurs, les deux organisations ont analysé l'évolution des rémunérations des dirigeants d'entreprises par rapport à celle des travailleurs, en France et dans le monde.
Une hausse fulgurante pour les dirigeants du CAC 40
En France, 26 dirigeants d'entreprises du CAC 40 ont vu leur rémunération augmenter de 18 % entre 2024 et 2025, selon les données fournies à l'AFP par Oxfam. Cette progression est 3,3 fois plus rapide que celle des salariés français, illustrant un « fossé grandissant » selon les auteurs de l'étude. À titre de comparaison, la rémunération moyenne d'un travailleur n'a augmenté que de 0,5 % en termes réels (corrigé de l'inflation) sur la même période.
Des revenus largement issus du capital
L'étude souligne que les revenus des dirigeants ne se limitent pas à leur salaire. Ils perçoivent également des revenus du capital, notamment sous forme de dividendes. Au niveau mondial, près de 80 milliards de dollars ont été versés à environ un millier de milliardaires en 2025, soit 2 500 dollars par seconde. Le PDG de LVMH, Bernard Arnault, et sa famille ont empoché 3,8 milliards de dollars de dividendes, l'un des montants les plus élevés selon l'étude.
Une concentration extrême des richesses
Au niveau mondial, 3 428 milliardaires (dont 86 % d'hommes) possèdent une richesse équivalente à 17 % du PIB mondial, selon l'étude. Oxfam et la CSI plaident pour une « imposition effective des super-riches » sur les revenus et la richesse afin de réduire les inégalités. Cette analyse intervient alors que le débat sur la fiscalité des ultra-riches est relancé, notamment avec la proposition de taxe Zucman.



