Dix jours avant le sommet Choose France, Emmanuel Macron organise ce vendredi un « forum européen » consacré aux ordinateurs de demain. Avec l'espoir d'attirer des financements étrangers pour contrer les mastodontes américains et chinois.
Un forum pour mobiliser les acteurs du quantique
Soucieux de ne pas laisser la France sur le quai pendant que d'autres pays embarquent dans le train de l'innovation, Emmanuel Macron mobilise les troupes ce vendredi en organisant un « Forum sur la puissance de calcul, les sciences et technologies quantiques et les semi-conducteurs » au Très Grand Centre de calcul (TGCC) du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) à Bruyères-le-Châtel (Essonne).
Au programme : une visite de l'ordinateur photonique Lucy, fonctionnant grâce à la physique quantique ; des tables rondes ; et des annonces concernant notamment le soutien financier aux filières. « Sur les 54 milliards d'euros d'engagements financiers du plan d'investissement sur cinq ans France 2030, déployé depuis 2021, il reste encore 11 milliards », rappelle-t-on à l'Élysée. Une partie de cette somme sera donc consacrée aux nouvelles technologies, et notamment le quantique.
Une stratégie européenne pour rivaliser
« D'autres annonces seront également faites au niveau européen, poursuit cette même source, afin d'être en capacité d'affronter les champions américains ou chinois, grâce à la mise en place d'une politique industrielle et commerciale plus unifiée. » Comme Choose France, dont la neuvième édition se tiendra au Château de Versailles dix jours plus tard, il s'agit également d'attirer des capitaux étrangers, afin de répondre aux besoins d'investissement colossaux. « Des groupes comme les français Airbus ou Mistral, le néerlandais ASML, le finlandais Nokia ou encore l'allemand SAP, ont déjà publié un appel à la constitution d'une stratégie européenne », poursuit-on à l'Élysée.
Un marché prometteur de 200 milliards de dollars
L'enjeu est de taille. En utilisant les lois physiques très spécifiques du monde microscopique (les atomes, électrons et autres photons…), le quantique doit permettre aux prochains ordinateurs de surpasser considérablement les capacités des machines actuelles, notamment sur certaines tâches bien spécifiques. Avec de multiples applications à la clé, dans la santé, la finance ou encore la défense.
D'autant que dans la guerre du calcul quantique, la France a — pour le moment — une petite longueur d'avance. L'objectif est dorénavant de transformer le fruit de la recherche fondamentale en applications susceptibles de trouver des débouchés industriels, avec des modèles économiques viables. « Des champions français émergent, rappelle un conseiller. Des start-up comme Alice & Bob, Quandela ou encore Quobly sont déjà très en pointe. » Des grands groupes industriels comme TotalEnergies ou EDF regardent également de très près toutes les possibilités qu'offriront ces supercalculateurs.
À l'échelle mondiale, le marché des technologies quantiques pourrait dépasser les 200 milliards de dollars d'ici à 2040. Les entreprises et les pays qui tireront profit de cette valeur seront ceux qui auront su anticiper, expérimenter et comprendre que le quantique n'est pas une révolution lointaine. Mais bien une transformation à préparer dès aujourd'hui.



