Paris et Berlin ouvrent leur Bourse à KNDS, en attendant le char du futur
Paris et Berlin ouvrent la Bourse à KNDS, char du futur en attente

Les places financières de Paris et Berlin ouvrent leurs portes à KNDS, le fabricant franco-allemand des chars Leclerc et Leopard 2, en vue d'une introduction en Bourse. L'opération, qui pourrait intervenir d'ici fin 2025, vise à financer le développement du char du futur, un projet encore hypothétique.

Une double cotation à Paris et Berlin

KNDS, né de la fusion des activités de défense terrestre de Nexter (France) et de Krauss-Maffei Wegmann (Allemagne), a annoncé son intention de s'introduire en Bourse sur les marchés réglementés d'Euronext Paris et de la Bourse de Francfort. L'entreprise, détenue à parts égales par les États français et allemand, espère lever entre 500 millions et 1 milliard d'euros.

Selon une source proche du dossier, la cotation pourrait intervenir au deuxième semestre 2025, sous réserve des conditions de marché. KNDS emploie environ 8 000 personnes et a réalisé un chiffre d'affaires de 3,2 milliards d'euros en 2024, en hausse de 15 % par rapport à 2023.

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Le char du futur, un projet encore flou

Les fonds levés doivent servir à financer le développement du char du futur, baptisé MGCS (Main Ground Combat System). Ce programme, lancé en 2017 par les ministères de la Défense français et allemand, doit remplacer à l'horizon 2040 les chars Leclerc et Leopard 2. Cependant, le projet est régulièrement freiné par des divergences industrielles et stratégiques entre les deux pays.

« Le MGCS est un projet complexe qui nécessite des investissements massifs, mais les discussions entre Paris et Berlin avancent lentement », a déclaré un porte-parole de KNDS. « L'introduction en Bourse nous donnerait les moyens de nos ambitions, mais il faut d'abord que les États s'accordent sur le cahier des charges. »

Un contexte géopolitique favorable

L'annonce de l'introduction en Bourse intervient dans un contexte de hausse des dépenses militaires en Europe, liée à la guerre en Ukraine. Les budgets de la défense français et allemand ont augmenté respectivement de 7 % et 10 % en 2024, selon les données de l'OTAN. KNDS a vu ses commandes bondir de 20 % en 2024, portées par la demande de chars et d'obusiers.

Cependant, certains analystes restent prudents. « L'industrie de la défense est cyclique et dépendante des décisions politiques. Une introduction en Bourse de KNDS pourrait être risquée si les tensions géopolitiques s'apaisent », estime Jean-Pierre Maulny, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Des concurrents déjà cotés

KNDS n'est pas le premier groupe de défense à faire appel aux marchés financiers. Rheinmetall, son concurrent allemand, est coté à Francfort et affiche une capitalisation boursière de 25 milliards d'euros. Le groupe français Thales est également présent en Bourse. KNDS espère séduire les investisseurs avec son carnet de commandes solide, estimé à 15 milliards d'euros fin 2024.

« Notre objectif est de devenir un leader européen de la défense terrestre, et l'accès aux marchés financiers est une étape clé », a souligné Frank Haun, PDG de KNDS. « Nous voulons montrer que notre modèle franco-allemand est un atout, pas une faiblesse. »

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