Le Groupe d'États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l'Europe presse Monaco de démontrer ses avancées en matière d'intégrité publique, deux ans après un rapport critique. Alors que la Principauté a pris la présidence du Comité des ministres du Conseil de l'Europe, l'enjeu est de taille.
Des recommandations précises à mettre en œuvre
En juillet 2024, le GRECO avait émis 17 recommandations concernant les hautes fonctions exécutives, incluant le Prince, ses proches collaborateurs, les membres du gouvernement et les autorités de police. Ces recommandations portaient sur les règles d'intégrité, les cadeaux, les contacts avec les tiers, la gestion des deniers publics, les conflits d'intérêts et les activités après fonction.
Livia Stoica Becht, secrétaire exécutive du GRECO, a souligné que la plupart des recommandations visaient à étendre les règles existantes à l'ensemble des décideurs publics. « Nous attendons une série de mesures concrètes et mises en œuvre », a-t-elle déclaré, tout en jugeant les progrès actuels « satisfaisants ».
Une stratégie gouvernementale 2026-2028
Le gouvernement monégasque a adopté une stratégie 2026-2028 de lutte contre la corruption, structurée en cinq objectifs : consolider la culture de l'intégrité, renforcer la transparence de la commande publique, étendre le contrôle déontologique, et améliorer la gestion des relations avec les lobbyistes. Cette stratégie répond aux attentes du GRECO, d'autant que la nouvelle législation n'exige plus que les deux tiers des recommandations soient pleinement satisfaites.
Le ministre d'État Christophe Mirmand a affirmé : « L'objectif est de ne pas faire du cosmétique. Il n'y a aucune frilosité ou réticence de la Principauté. » Il a toutefois rappelé la nécessité de tenir compte de la forme monarchique d'origine de Monaco.
Un suivi renforcé par le GAFI
Parallèlement, Monaco fait face à une autre échéance : le Groupe d'action financière (GAFI) jugera en juin des progrès réalisés pour sortir de la liste grise où il a été placé en 2024 pour des lacunes en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. Les observateurs de Moneyval, comité d'experts du Conseil de l'Europe, surveillent la mise en œuvre effective des mesures. Une visite sur place est envisagée en 2030.
Livia Stoica Becht a salué l'esprit de coopération des autorités monégasques, tout en rappelant que Monaco n'est pas considéré comme un cas de délais trop longs. Le GRECO prévoit une nouvelle visite en novembre pour évaluer la conformité.



