Juliette Binoche prend ses distances avec la tribune anti-Bolloré
L'actrice Juliette Binoche, signataire de la tribune du collectif « Zapper Bolloré » publiée dans Libération avant le Festival de Cannes, a exprimé ses regrets ce vendredi 29 mai 2026 sur France Culture. Elle a notamment déploré l'utilisation du mot « fasciste » et les huées entendues lors du générique de Canal+ sur la Croisette.
« C’est vrai que je regrette les huées entendues devant la Croisette au moment du générique des productions Canal+. Les employés de ce groupe travaillent très bien. Ils font vraiment un travail d’orfèvre et sont très attentifs à la diversité du cinéma », a déclaré la comédienne de 62 ans. Elle a ajouté que « l’utilisation du mot fasciste était déplacée ».
Juliette Binoche a également pointé la réaction du patron de Canal+, Maxime Saada, estimant que « c’est à cause de ses déclarations que la situation s’est emballée ». Cependant, elle a précisé : « Mais je ne regrette pas notre geste, car il y a eu une forte solidarité entre artistes. »
Maxime Saada exclut toute « liste noire »
Le 19 mai, Maxime Saada avait affirmé ne plus vouloir travailler avec les signataires de la tribune. Mais ce vendredi, lors de l'assemblée générale annuelle du groupe audiovisuel, il a tenu à clarifier sa position : « Il n’est pas question de liste noire. (…) Si quelqu'un sonne chez vous, vous traite de fasciste et ensuite vous demande de l'argent, peut-être que vous ne lui donnerez pas d'argent. »
Il a ajouté : « Il n’est pas question pour nous d’aller traquer les techniciens qui ont signé la pétition et de ne plus travailler, de ne plus financer les films pour lesquels ils travaillent. Ça n’a aucun sens et on a un minimum de conscience. On ne va pas traquer des gens qui ont besoin de leur travail pour manger et pour vivre. »
Une pétition qui a mobilisé 3 500 professionnels
Initialement signée par 600 personnes, la tribune du collectif « Zapper Bolloré » a finalement recueilli le soutien de 3 500 professionnels du cinéma. Cette affaire a suscité de vives réactions dans le milieu, plusieurs personnalités ayant pris position pour ou contre le texte.
Parmi les précédents rebondissements, l'acteur Jean-Pascal Zadi avait fait marche arrière en expliquant avoir « mal lu le texte », tandis qu'Alain Chabat qualifiait la menace de boycott de « coup de pression à deux balles ». La ministre de la Culture avait également appelé les parties à « retrouver les voies du dialogue ».



