Le marathon de Paris change officiellement de main. Le Conseil de Paris a adopté mercredi soir la concession de l'événement pour la période 2027-2030 au groupement Cadence, qui comprend l'agence Havas Events, filiale du groupe Bolloré. Cette décision a suscité de vifs débats au sein de l'assemblée.
Un vote sous tension
Ce qui devait être un vote de routine s'est transformé en véritable casse-tête politique. La présence de Havas Events, dont la majorité du capital est détenue par la famille Bolloré, a provoqué l'opposition des élus écologistes, communistes et de La France insoumise. Ces derniers ont voté contre la délibération, dénonçant une influence jugée incompatible avec les valeurs sportives.
Guillaume Durand, coprésident du groupe écologiste, a déclaré : « Rien ne doit être cédé à Bolloré, il porte un projet identitaire. » Adrien Tiberti, élu communiste, s'est interrogé sur la pertinence de la présence de Havas, affirmant que « Il s'attaque au mouvement sportif ». Ces propos ont suscité des réactions de la droite, certains élus estimant que le débat était hors de propos.
Un projet séduisant mais controversé
Malgré les critiques, le projet porté par Cadence a été salué pour ses aspects sociaux et environnementaux : zones accessibles aux personnes handicapées, gratuité pour les allocataires du RSA, ravitaillement sans emballages et utilisation d'énergies 100 % renouvelables. Cependant, l'absence d'expérience de Cadence dans l'organisation d'une course de cette envergure a été soulignée par le MoDem, qui s'est abstenu. Sandro Gozi a rappelé que l'organisateur historique ASO avait fait du marathon un succès international.
Des garanties apportées
Jérôme Coumet, élu socialiste, a tenu à rassurer : « J'ose penser que nous sommes ici éloignés de la sphère d'influence de l'extrême droite », rappelant que la Ville avait déjà collaboré avec Havas Events pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Maxime Sauvage, adjoint aux Sports, a défendu l'offre retenue, promettant un parcours repensé, un festival du running, une course pour 1 500 enfants, des forfaits handicap et des tarifs réduits. Il a également souligné que la redevance versée à la Ville passerait à 3,5 millions d'euros par an, soit le double.
Quant à la présence de Bolloré, Sauvage a affirmé : « Le marathon de Paris ne sera jamais l'instrument d'un combat civilisationnel et à la moindre tentation adverse, nous prendrons nos responsabilités. » Les nouveaux organisateurs ont désormais dix mois pour préparer le prochain semi-marathon.



