LGV Bordeaux-Toulouse : les opposants crient à la communication politique
LGV : opposants dénoncent une opération de com'

Comment imaginer que la LGV Bordeaux-Toulouse puisse encore être abandonnée après les déclarations du Premier ministre à Toulouse ce jeudi 7 mai ? Malgré l’annonce de Sébastien Lecornu, pour qui ce projet est devenu « irréversible », les opposants ne rendent pas les armes.

Une opération de communication politique

Le parlementaire Loïc Prud’homme, membre du pôle parlementaire anti-LGV qui regroupe des députés et sénateurs girondins, landais et basques, est catégorique : « La prise de parole du Premier ministre n’est qu’une opération de communication politique. » Il rappelle que Bercy voulait abandonner ce projet désormais chiffré à 16 milliards d’euros, hors frais financiers. « Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) le dit : la priorité doit être donnée à la rénovation des voies existantes », insiste-t-il.

Le député girondin pointe du doigt « l’orgueil politique » des présidents de Région Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine) et Carole Delga (Occitanie) et de leurs alliés : « Ils ont pesé de tout leur poids. Mais c’est un passage en force d’une poignée de forcenés. » Il craint l’abandon des territoires traversés : « Avec la création de gares “betteraves” près d’Agen et Montauban, les trains ne feront que passer. »

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Le point de non-retour pas atteint

Loïc Prud’homme (ex-LFI) refuse de s’emballer après les annonces de Sébastien Lecornu : « Ce n’est qu’une étape. Le point de non-retour n’est pas atteint tant que le financement n’est pas consolidé. L’argent n’est toujours pas sur la table. »

Cet avis est partagé par une vingtaine d’associations anti-LGV qui qualifient la nouvelle position du gouvernement de « dinguerie » : « L’histoire ne s’arrête pas là. Les recours et les actions de terrain vont se poursuivre. » Dans un courrier envoyé au Premier ministre la veille de son déplacement à Toulouse, le collectif rappelle sa position : « Le projet est ruineux et délétère pour les infrastructures existantes comme le rappelle le COI. »

Les opposants insistent : « Le projet est émetteur net de millions de tonnes de CO2 pour des décennies et représente un mode de transport excessivement énergivore et bruyant. Il n’est plus justifié par l’hypothétique report modal d’un trafic aérien Toulouse-Paris qui s’effondre. »

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