La justice hongroise enquête sur des entreprises longtemps proches du pouvoir en place. La police a annoncé mardi 5 mai l'ouverture d'une enquête contre X pour des soupçons de détournement de fonds et de blanchiment d'argent, visant des sociétés ayant détenu un quasi-monopole sur la communication gouvernementale sous Viktor Orbán.
Il s'agit de la première procédure de ce type en Hongrie visant des entités liées à l'entourage de l'ex-Premier ministre, après sa défaite aux élections législatives d'avril, qui a mis fin à seize années de pouvoir.
Fonds saisis et comptes gelés
Dans un communiqué, la police a indiqué que des fonds avaient été saisis et des comptes bancaires gelés dans le cadre de cette enquête. Une seconde procédure est également en cours concernant des soupçons de contrats surfacturés impliquant le même groupe d'entreprises. Selon les médias locaux, ces sociétés sont associées à Gyula Balasy, figure clé de la communication du gouvernement Orbán, parfois surnommé le « roi de la propagande ». Celui-ci a de son côté nié toute dissimulation, affirmant être prêt à céder volontairement ses entreprises à l'État.
Le futur Premier ministre Péter Magyar, qui doit prêter serment samedi, a appelé les autorités à empêcher tout transfert de fonds à l'étranger par les proches du pouvoir sortant. Il a promis un « changement de régime » et des mesures contre la corruption et les avoirs étatiques « volés ». Selon lui, Gyula Balasy doit rendre des comptes. « Des larmes de crocodile peuvent être versées, le remords peut être feint, mais il n'y a pas de pardon pour ceux qui dépouillent le peuple hongrois », a déclaré Péter Magyar sur Facebook.
La Hongrie compte plus de 9,5 millions d'habitants et est classée, aux côtés de la Bulgarie, comme le pays le plus corrompu de l'UE dans l'indice de perception de la corruption de l'ONG de lutte contre la corruption Transparency International.



