Le dernier vidéo club de Montpellier cherche repreneur, 50 ans d'histoire
Dernier vidéo club de Montpellier cherche repreneur

Le tout dernier Vidéo Club de Montpellier cherche un repreneur. C'est l'incroyable histoire de René et Miguel, qui ont transformé leur boutique en symbole d'adaptation locale, de la photographie aux VHS, puis aux cigarettes électroniques.

Un demi-siècle d'évolution

Officiellement, leur boutique est encore référencée comme le dernier vidéo club de Montpellier, même si les VHS et DVD ont depuis longtemps laissé place aux cigarettes électroniques. Cela fait presque 50 ans que le magasin existe, et grâce au duo de choc, il a évolué au fil des décennies.

De la photographie à la vidéo-cassette

Tout commence en février 1977. Miguel est photographe et la petite boutique de l'avenue Louis-Ravas, dans le quartier de Las Rebes, est idéale pour un studio et un labo. Très vite, René vient lui donner un coup de main, et depuis, il n'a plus quitté le comptoir. « On est complémentaire. Moi je suis plus concepteur, après je me lasse vite », explique Miguel. « Et moi, plus besogneux », souligne René en souriant.

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La naissance d'un vidéo club

Quelques années plus tard, ils décident de se lancer dans la location de vidéo-cassettes. « On n'y connaissait absolument rien. Pour la petite anecdote, c'est mon dentiste qui me l'a suggéré… », se remémore Miguel en riant. Le magasin devient ainsi l'un des premiers vidéo clubs de Montpellier. « C'étaient les prémisses, en début 1982. On a appelé un distributeur, on avait tout à apprendre, mais on a foncé… » Avec seulement une cinquantaine de cassettes au départ, le succès est presque immédiat. « C'était une formidable époque. Les gens venaient, la boutique devenait un lieu d'échanges et de rencontres. Les clients se conseillaient entre eux et partageaient leur impression sur tel ou tel film. On était ouvert 7j/7, ça n'arrêtait pas. »

La gestion d'un vidéo-club

Rapidement, les fichiers clients deviennent une usine à gaz en termes de gestion pour les retours des VHS. Miguel va alors se découvrir une véritable passion. « Pareil que pour le vidéo-club, on n'y connaissait rien. C'était de la science-fiction. » Mais à peine deux mois après l'arrivée des cassettes, un ordinateur fait son entrée. « À l'époque, il n'y avait pas de logiciel. » Miguel met donc sur pied son propre logiciel : UlysseVidéo. « Je l'ai créé par rapport à nos besoins : les fichiers clients, les retours des cassettes… » Un commercial lui propose de le présenter au VidCom à Cannes, le festival de la vidéo. « Mais avant d'essayer de le vendre là-bas, encore fallait-il le finaliser, écrire un manuel, le taper à la machine à écrire car le traitement de texte n'existait pas encore… »

Du comptoir de quartier au festival de Cannes

René et Miguel se retrouvent invités au grand rendez-vous international des professionnels de la vidéo. « On avait pris une chambre dans une pension à l'extérieur de Cannes, se souvient René. Dès le premier jour, il y a eu un attroupement devant notre stand. La deuxième nuit, on a pris un superbe hôtel dans Cannes. » Fort de cette expérience, Miguel se lance dans la PAO, la réparation d'ordinateur et la formation. Après une campagne publicitaire avec Marilyn sur les bus de la ville, ils investissent dans des distributeurs de cassettes, puis dans la location de jeux vidéo, « qui n'a pas du tout marché. »

Un appel à repreneur

Maintenant, ils espèrent laisser la main et leur local. « On est déjà retraité », soulignent-ils. « On a réduit la voilure. Mais ce commerce, pour quelqu'un qui en veut, est parfait. » Une situation qui inquiète les habitants du quartier. « Ils sont tellement adorables, bienveillants. Ce serait dommage de les voir partir… »

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