Un anniversaire marquant pour le Crédit Agricole
Le 21 mai 2001, le Crédit Agricole d'Aquitaine voyait officiellement le jour à Bordeaux, avec pour objectif de consolider ses parts de marché dans la région. Cet événement, survenu il y a vingt-deux ans, a marqué une étape importante dans l'histoire de la banque verte en Nouvelle-Aquitaine.
Les origines du Crédit Agricole
L'histoire du Crédit Agricole remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque le monde agricole rencontrait des difficultés pour obtenir des crédits. Sous l'impulsion de Louis Milcent, entrepreneur local, et d'Alfred Bouvet, propriétaire terrien et ancien auditeur au Conseil d'État, la Société de crédit agricole de l'arrondissement de Poligny à Salins-les-Bains (Jura) fut créée en 1885. La loi de 1884 sur la liberté d'association professionnelle, qui autorisait la formation de syndicats agricoles, a créé un environnement favorable à l'émergence de telles structures.
La naissance officielle du Crédit Agricole
Sous la Troisième République, la loi du 5 novembre 1894 permit la constitution de caisses locales de crédit agricole entre les membres de syndicats agricoles, selon le principe du mutualisme. Le modèle de Salins-les-Bains inspira l'État et notamment Jules Méline, futur ministre de l'Agriculture, à l'origine de cette loi. Aujourd'hui, le Crédit Agricole compte de nombreuses caisses régionales dans toute la France.
La création du Crédit Agricole d'Aquitaine
C'est dans ce contexte que nous republions l'article de Gilbert Garrouty, paru le 22 mai 2001 dans Sud Ouest, relatant la naissance du Crédit Agricole d'Aquitaine. Malgré la présence de quelques militants SUD et CGT dans l'enceinte de la Cité mondiale à Bordeaux, les assemblées générales de dissolution et d'absorption se sont déroulées comme prévu, donnant naissance à la nouvelle entité.
Une organisation équilibrée
La nouvelle caisse régionale respectait les équilibres entre les trois départements (Gironde, Landes et Lot-et-Garonne) avec un conseil d'administration de vingt et un membres : neuf Girondins, six Landais et six Lot-et-Garonnais. Le président était le Landais Jean-Pierre Pargade, entouré de deux vice-présidents délégués, Bernard Boucher (Gironde) et Jean-Claude Archambaut (Lot-et-Garonne), et de trois autres vice-présidents représentant chaque département. Les caisses locales conservaient leur activité, conformément à la politique de proximité du Crédit Agricole, tandis que les sites de Bordeaux, Agen et Aire-sur-l'Adour étaient spécialisés.
Une position renforcée
Cette opération a considérablement renforcé la banque verte en Aquitaine, lui permettant d'accéder au quatrième rang des Crédits Agricoles au plan national en encours, et au second en capitalisation et résultats. Avec 6,2 milliards de francs de fonds propres et un capital de 90 milliards de francs à gérer, le Crédit Agricole d'Aquitaine annonçait 700 000 clients et prévoyait un résultat net après impôt de 600 millions de francs en 2001.
Réactions syndicales
Les syndicalistes de SUD et de la CGT déploraient que les salariés soient les oubliés de cette croissance programmée. Cependant, Christian Duvillet, directeur général, soulignait le peu de succès de la manifestation et se disait partisan du partage de la valeur ajoutée entre tous les partenaires. Selon lui, des mécanismes étaient prévus à cet effet, mais il précisait qu'on ne peut pas distribuer la valeur ajoutée avant de l'avoir créée. La caisse d'Aquitaine devait émettre des certificats coopératifs d'investissements, et ceux de la caisse de la Gironde seraient échangés à raison de sept nouveaux contre cinq anciens.
L'agriculture, origine du Crédit Agricole
Jean-Pierre Pargade a souligné que la fusion contribuait à étaler les risques, notamment dans le domaine agricole qui représentait 25 % de l'ensemble, les dominantes de productions étant différentes dans les trois départements. Il a assuré que l'agriculture restait l'origine du Crédit Agricole, une valeur fondamentale de la banque.



