Le Département cède le centre sportif de Boyardville à l'UCPA
Cession du centre sportif de Boyardville à l'UCPA

Pour soulager ses finances, le Département de la Charente-Maritime s'apprête à céder le très prisé Centre sportif départemental de Boyardville, situé à Saint-Georges-d'Oléron dans l'ancien fort Panorama. Ce site emblématique d'environ 4 hectares, estimé à 1,8 million d'euros, fait partie des 58 millions d'euros attendus par le Département grâce à la vente de son patrimoine immobilier et foncier.

Le site serait cédé à la Société d'économie mixte (SEM) Patrimoniale de Charente-Maritime, qui en confierait la gestion à l'Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA) contre un loyer. Avant la commission permanente du Département prévue cette fin de semaine, les élus écologistes rochelais Marion Pichot et Jean-Marc Soubeste expriment leur compréhension de l'urgence d'inscrire ces cessions d'actifs au budget, mais montent au créneau pour défendre la vocation sociale du site. « Nous n'avons pas signé un blanc-seing pour nous délester d'équipements qui, par ailleurs, servent aux collèges », tranchent-ils. « La réalité économique d'un opérateur privé est telle que nous craignons pour le maintien de ces actions socio-culturelles à destination de tous les publics », alertent-ils.

Une transition perçue positivement par certains élus

Pour Dominique Rabelle, vice-présidente du Département et maire de Saint-Georges-d'Oléron, cette transition est au contraire « une très belle chose ». Elle rassure : « L'UCPA est avant tout une association dotée d'une forte vocation sociale dont la philosophie s'accorde avec l'identité historique des lieux. » Selon elle, ce futur gestionnaire apporte toutes les garanties nécessaires pour pérenniser l'accueil des jeunes sportifs tout en offrant la perspective d'une ouverture plus grande pour développer de la formation professionnelle.

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Christophe Cabri, maire de Jonzac et président-directeur général de la SEM Patrimoniale, défend un projet stratégique et pérenne. Loin d'une braderie, cette cession est présentée comme « une garantie de stabilité pour l'avenir ». L'arrivée pressentie de l'UCPA serait un levier de développement. « Le projet demeurera strictement fidèle à l'ADN sportif du département. Mieux encore, ce partenariat avec un acteur majeur devrait permettre de densifier l'offre de stages à destination de la jeunesse », appuie-t-il.

Protection des créneaux historiques

Actuellement, le modèle repose massivement sur un ancrage de proximité : près de 80 % de la fréquentation du centre est assurée par des usagers du département, notamment les collèges, comités et clubs sportifs. La bascule vers le nouvel opérateur, qui s'inscrirait dans le cadre d'un bail de vingt ans, ne pourrait pas ignorer cette réalité. En coulisses, la transition est déjà amorcée pour protéger les créneaux historiques. Les calendriers pour 2026 et 2027 intègrent déjà les groupes scolaires et les usagers réguliers, qui devraient donc continuer à investir les lieux. Cependant, la question du coût des prestations reste à déterminer avec le futur gestionnaire associatif, qui n'en demeure pas moins aussi un groupe commercial.

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