Changement de présidence chez BP
Le géant pétrolier britannique BP a annoncé ce mardi un vote « à l’unanimité » de son conseil d’administration pour se séparer « avec effet immédiat » d’Albert Manifold, en raison « de graves préoccupations » liées à sa gouvernance et sa « conduite ». « Le conseil a été surpris et déçu d’apprendre l’existence de problèmes de supervision en matière de gouvernance et de conduite qu’il juge inacceptables, et il a pris des mesures décisives », a détaillé Amanda Blanc, l’une des administratrices, citée dans le communiqué. Elle ne précise pas davantage les faits reprochés à Albert Manifold.
Un mandat écourté
Âgé de 63 ans, Albert Manifold avait pris ses fonctions à la tête du conseil d’administration de l’entreprise le 1er octobre dernier à la place du Norvégien Helge Lund, dans le cadre d’une vaste révolution interne après une désastreuse tentative de virage vert. Une nouvelle directrice générale, l’Américaine Meg O’Neill, a pris ses fonctions début avril avec pour mission de mettre en œuvre un plan de redressement du groupe.
BP en difficulté
En conséquence de cette exclusion, le titre de l’entreprise perdait plus de 6 % à la mi-journée après avoir reculé de presque 10 % immédiatement après cette annonce. Le géant britannique, dont les performances ont décroché ces dernières années par rapport à celles de ses rivaux, a déjà vu son bénéfice annuel fondre de 86 % en 2025 - après avoir déjà chuté à pic un an plus tôt - plombé par la baisse des prix du pétrole et une lourde charge liée à la transition énergétique.
Des actionnaires mécontents
À peine en poste, Meg O’Neill a dû faire face lors de l’assemblée générale annuelle à un désaveu cinglant de ses actionnaires, qui ont largement rejeté deux résolutions vues comme un recul de la transparence, notamment sur sa stratégie climatique. Albert Manifold, qui a auparavant exercé comme directeur général du géant des matériaux de construction irlandais CRH de 2014 à 2024, avait pour sa part affronté un coup de semonce personnel, la résolution sur son élection ayant reçu plus de 18 % de votes défavorables. L’administrateur Ian Tyler a été nommé par le conseil pour assurer l’intérim jusqu’à la nomination de son successeur.



