Be my Cookie : après la reprise, les impayés s'accumulent
Be my Cookie : impayés après la reprise

Rachetée en mars dernier par la holding de Mehdi Herz – en même temps qu’il négociait avec Baillardran –, l’enseigne bordelaise Be my Cookie cumule les impayés de salaires et auprès des fournisseurs. Les deux anciens gérants, Loïc Gauthier et Paul Tapie, ont porté plainte et engagent des procédures. Ils ont dans un premier temps refusé de s’exprimer.

Une reprise prometteuse qui tourne court

Alors que début avril, le nom de Mehdi Herz bruissait sur la place de Bordeaux. L’homme, originaire des Yvelines, boulanger depuis ses 13 ans, se faisant connaître comme l’éventuel repreneur de Baillardran avant de disparaître dans la nature. Quelques semaines après avoir acquis une boulangerie à Villenave-d’Ornon, un fonds de commerce dans le quartier Amédée-Saint-Germain et surtout leur société Be my Cookie, les deux bars boutiques et son laboratoire. Mais ce jeudi 7 mai, Loïc Gauthier et Paul Tapie veulent faire savoir qu’ils feront « tout pour sauver l’entreprise et les emplois ». Afin que perdure cette entreprise bordelaise qui, depuis 2019, propose des cookies produits localement à partir de produits sourcés et éthiques. Avec la volonté de « continuer à satisfaire notre clientèle », assurent-ils en chœur. Quitte à devoir en passer par une procédure de redressement judiciaire, comme l’emblématique maison de cannelés bordelaise.

Une gérance fantôme

« Dans les dix jours qui suivent, on ne le voit que très ponctuellement en boutique et au bout d’un mois et demi, plus rien », rapporte Paul Tapie. Le silence de ces dernières semaines, ces « potes d’enfance passionnés d’entrepreneuriat » l’ont mis à profit de procédures engagées auprès du tribunal de commerce pour protéger les finances de l’entreprise et assurer aux sept salariés le versement de deux mois d’impayés de salaire. Paul Tapie et Loïc Gauthier ont également porté plainte au commissariat de Bordeaux contre Mehdi Herz. Leur avocate, Me Lutèce Bigand, adressant, pour sa part, un signalement au procureur de la République.

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Car quelques semaines seulement après la reprise, Be my Cookie se trouve livrée « à une gérance fantôme », constate l’avocate. La signature de l’acquisition s’effectue le 2 mars 2026. Jusqu’alors en relation via des intermédiaires et avocats, le duo d’entrepreneurs rencontre Mehdi Herz pour la première fois. L’impression n’est pas fameuse : « Il parle beaucoup de son argent, de ses réseaux, de ses expériences et se montre très ambitieux. » Mais Paul Tapie et Loïc Gauthier font confiance aux garanties apportées par le repreneur. Comme au contrat qu’ils signent. Où, contre une cession pour l’euro symbolique, Mehdi Herz s’engage à « poursuivre l’activité, à reprendre le passif de l’entreprise, à hauteur de 260 000 euros, et à se substituer en qualité de caution », relate Me Bigand.

Des promesses non tenues

Autre assurance, Paul Tapie demeurera dans l’entreprise jusqu’au 2 mai, sous contrat avec Au Jardin d’Eden, la holding de Mehdi Herz, « pour assurer la transition », explique l’intéressé. « Dans les dix jours qui suivent, on ne le voit que très ponctuellement en boutique et au bout d’un mois et demi, plus rien », rapporte Paul Tapie qui voit alors arriver une femme se disant directrice générale du groupe. Qui elle aussi, bien qu’originaire du Médoc, se fera rare à Bordeaux. Comme à Villenave-d’Ornon, c’est donc par un groupe WhatsApp que les échanges prennent forme.

« Il n’y avait aucune gestion opérationnelle », indique l’avocate. Pis, Mehdi Herz ne répond à aucune sollicitation des établissements bancaires pour régulariser les effets de l’acquisition. Jusqu’à début avril, où Paul Tapie découvre que les salaires ne sont pas versés. Malgré les difficultés qui se profilent, et apprenant la condamnation à une interdiction de gestion prononcée contre Mehdi Herz, l’entrepreneur parvient à convaincre « les équipes de rester avec nous ». Et s’engage avec Loïc Gauthier à « démontrer qu’ils ont été abusés », déclare Me Bigand qui a également reçu les témoignages de boulangers des Yvelines, ayant eux aussi vu leurs affaires avec Mehdi Herz tourner court.

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Des dettes supplémentaires

Aux arriérés de salaires, les anciens gérants découvrent que s’ajoutent des ardoises chez plusieurs fournisseurs pour un montant global de 50 000 euros. Quand dans le même temps « les boutiques enregistrent un manque à gagner de 40 000 euros », relève Loïc Gauthier qui, avec son comparse, doit continuer d’assumer « les 230 000 euros d’en-cours d’emprunts ». Et tant pis si pendant ces semaines d’absence de gérance, Paul Tapie « fait tourner les boutiques » sans percevoir non plus son salaire et que depuis les Landes, Loïc Gauthier doit ajouter à la gestion d’une autre société les tâches nécessaires à démontrer « la tromperie » dont tous deux estiment avoir été victimes.