L'Aviron Bayonnais souhaite absolument prolonger le contrat du troisième ligne de 23 ans, qui s'achève en 2027. À ce jour, les discussions achoppent. À tel point que le président Philippe Tayeb et le directeur du rugby Laurent Travers réfléchissent à un transfert dès cet été pour récupérer 350 000 euros d'indemnités.
Une promotion symbolique
Esteban Capilla va être promu capitaine de l'Aviron Bayonnais, ce samedi face à l'Union Bordeaux-Bègles. Ce sera une première - et sans doute pas un hasard - pour le jeune joueur de 23 ans, pas effrayé par les responsabilités : « J'ai toujours aimé en avoir, livrait-il récemment au magazine Raffut. Ça ne me perturbe pas. Au contraire, je me sens vraiment impliqué et au centre du truc. »
Le troisième ligne va l'être également sur une autre actualité : son avenir. Sous contrat avec Bayonne jusqu'en 2027, Capilla pourra faire l'objet de sollicitations directes des autres clubs de Top 14 à partir du 1er juillet prochain, selon les règlements de la Ligue (LNR).
Des négociations difficiles
Les dirigeants bayonnais n'ont pas attendu cette date pour tenter de prolonger le contrat du prodige, auteur de performances époustouflantes en début de saison (Toulouse, Clermont) et troisième meilleur marqueur d'essais du Top 14 avec 10 réalisations, juste derrière son équipier Tom Spring (11) et le Lyonnais Jiuta Wainiqolo (16). Philippe Tayeb souhaite absolument le conserver mais à ce jour, aucun accord n'a été trouvé. Les négociations s'annoncent difficiles. Tellement que, selon les informations de « Sud Ouest », le président et son directeur du rugby Laurent Travers réfléchissent à l'option de libérer leur joueur dès cet été afin de récupérer une indemnité de transfert de 350 000 euros. Une décision qui n'a pas (encore ?) fait l'objet d'un débat au sein du conseil d'administration du club basque.
Un joueur ambitieux
Ce choix économique ne serait pas neutre en termes d'image. Arrivé à l'Aviron en minimes, en 2016, Esteban Capilla est désormais le porte-étendard du club et de la formation bayonnaise. Joueur explosif et rapide (il a été flashé à 36 km/h), l'ancien septiste a été convoqué à plusieurs reprises dans le groupe élargi du XV de France lors de la tournée de novembre 2025. Le sélectionneur Fabien Galthié dit le plus grand bien de lui. S'il n'a pas été capé, le troisième ligne au profil hybride ambitionne de l'être rapidement. D'où certaines exigences formulées auprès de la direction bayonnaise.
L'Aviron va devoir sortir le chéquier pour aligner le contrat de sa pépite à sa cote réelle sur le marché. « Il veut jouer en équipe de France et pour y parvenir, il veut que l'Aviron se dote d'une équipe capable de jouer régulièrement les premiers rôles », glisse un proche du dossier. Ce n'est pas la tendance actuelle. « Il ambitionne même d'en être le capitaine à court ou moyen terme. » En l'absence d'Arthur Iturria, blessé au coude, la promotion de ce samedi prend tout son sens. Suffira-t-elle à envoyer un signal au joueur ? Rien n'est moins sûr. « C'est un garçon très ambitieux - ce n'est pas un défaut - et gourmand. » Si Capilla ne fait pas de l'aspect financier le premier des critères, l'Aviron va devoir sortir le chéquier pour ajuster le contrat de sa pépite à sa cote réelle sur le marché. « Il est peu probable que le club suive », indique un habitué des négociations. « Il ne tient pas à rester à Bayonne », assure un autre, attentif à l'évolution de la situation.
Les clubs intéressés
Toulouse et l'UBB surveillent. En octobre dernier, après une prestation éblouissante face à Clermont, créditée d'un 9/10 dans « Sud Ouest » (son deuxième de la saison), ce fils de militaire regagnait les vestiaires, l'œil rieur. « Il va falloir casquer », lançait-il avec humour à Philippe Tayeb, avec qui il entretient d'excellents rapports. Du Capilla tout craché, à la fois culotté et détaché, tout en étant travailleur, performant et sûr de lui. Si l'Aviron ne s'aligne pas, les clubs à la fois susceptibles de payer et d'accueillir son ambition ne sont pas légion.
Le Stade Toulousain constitue la piste la plus sérieuse. Les dirigeants du triple champion de France apprécient les qualités d'un joueur qui pourrait s'inscrire dans la rotation d'Alexandre Roumat, au poste de numéro 7 comme de numéro 8. L'opération financière serait évidemment complexe pour un club suspecté de plusieurs infractions au règlement encadrant les masses salariales ces derniers mois, même si l'indemnité de transfert de 350 000 euros ne serait pas reversée au salary cap, conformément à la législation de la LNR.
Esteban Capilla plaît également à Montpellier et à l'Union Bordeaux-Bègles. Cette attirance est réciproque. Le champion d'Europe en titre, qui vient de se qualifier pour sa deuxième finale de Champions Cup consécutive, n'a cependant pas de marge de manœuvre avec le salary cap à ce jour. Qui plus est à l'heure où il travaille à la prolongation du phénomène Louis Bielle-Biarrey. Mais de Bordeaux à Toulouse, pour un joueur comme Capilla, on est capable de trouver des solutions.



