Du néofascisme aux feux de la téléréalité
Alessandra Mussolini, petite-fille du dictateur Benito Mussolini, a remporté mardi 19 mai la finale de l'émission « Grande Fratello », équivalent italien de « Loft Story », diffusée sur Canale 5. Avec 56 % des votes du public face à la comédienne Antonella Elia, elle a triomphé après 63 jours enfermée dans la Maison du télécrochet.
À 63 ans, cette ancienne figure de l'extrême droite italienne a su s'imposer comme l'une des personnalités fortes de la saison. « Peut-être est-ce le personnage le plus clivant qui ait jamais gagné une téléréalité », a commenté Selvaggia Lucarelli, présentatrice de l'émission.
Un parcours politique marqué par la controverse
Nièce de l'actrice Sophia Loren, Alessandra Mussolini a débuté très jeune dans le cinéma avant de se tourner vers la politique au début des années 1990. Elle rejoint le parti néofasciste Mouvement social italien, puis Alliance nationale. En désaccord avec Gianfranco Fini, qui qualifia le fascisme de « mal absolu du XXe siècle », elle crée son propre parti d'extrême droite, l'Action sociale, avant d'adhérer au Forza Italia de Silvio Berlusconi.
Députée, sénatrice et eurodéputée, elle a multiplié les déclarations polémiques. En 2006, elle déclare en direct à la télévision : « mieux vaut être fasciste que pédé ». En 2007, elle affirme que « enfreindre la loi est devenu un mode de vie pour les Roumains ». Elle s'est également illustrée en insultant l'acteur Jim Carrey après qu'il a critiqué Mussolini.
Un virage progressiste inattendu
Depuis 2019, Alessandra Mussolini semble se réinventer. Sur Instagram, elle écrit : « Changer signifie être libre ». Elle se prononce désormais en faveur du mariage pour tous et de l'adoption par les couples homosexuels, un revirement qui a surpris en Italie. Elle attribue cette évolution à son expérience et à l'influence de ses trois enfants.
Sa victoire dans « Grande Fratello » ouvre un nouveau chapitre dans sa vie aux multiples facettes. « Il n'y a quasiment jamais eu de course, écrit Giovana Cavalli dans le Corriere della Serra. Impossible de lui tenir tête, dominatrice, débordante, irrésistible, volontaire et flottante comme les plumes de ses manchons. »



