Affaire Patrick Bruel : les maires impuissants face aux concerts
Les maires se mobilisent dans l'affaire Patrick Bruel. Depuis que le chanteur est visé par une dizaine de plaintes pour viols, agressions sexuelles et violences, plusieurs édiles ont publiquement demandé l'annulation de sa tournée « Alors Regarde 35 ». Emmanuel Grégoire, maire de Paris, a déclaré sur France 2 : « Je pense qu'il devrait se retirer. » Ses homologues de Marseille, Lille, Nantes et Nancy ont également pris position, appelant l'artiste à renoncer à ses concerts.
Ces déclarations interviennent alors que des collectifs féministes ont lancé une pétition réclamant l'annulation de la tournée, qui a recueilli plus de 37 000 signatures ce vendredi 22 mai. Mais si les maires peuvent peser dans le débat public, ils n'ont aucun pouvoir juridique pour interdire les représentations. Seul Patrick Bruel ou son producteur peuvent décider de renoncer à se produire.
Les compétences limitées des élus locaux
En France, les maires disposent de pouvoirs de police administrative pour maintenir l'ordre public, mais cela ne leur permet pas d'annuler un concert pour des motifs liés à des accusations pénales. Ils peuvent seulement intervenir si des troubles à l'ordre public sont avérés, comme des risques de violence ou d'attroupement. Or, dans le cas de Patrick Bruel, aucune menace de ce type n'a été signalée.
Les élus peuvent également refuser d'accorder des subventions ou des autorisations d'occupation de l'espace public, mais cela ne concerne que les événements organisés sur le domaine public. Les concerts privés, comme ceux prévus dans des salles closes, échappent à leur contrôle direct. Ainsi, malgré les pressions politiques, la décision finale revient à l'artiste et à son équipe.
Un précédent dans l'affaire Polanski
Cette situation rappelle l'affaire Roman Polanski en 2017, lorsque des associations féministes avaient demandé l'annulation d'une rétrospective de ses films. Les maires de plusieurs villes s'étaient également exprimés, mais les projections avaient finalement eu lieu, faute de base légale pour les interdire. Le débat public reste donc le seul levier des élus, qui espèrent ainsi faire pression sur l'artiste.



