L'ONU veut renforcer la poursuite des attaques contre les Casques bleus
ONU : mieux poursuivre les auteurs d'attaques contre Casques bleus

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, mercredi 23 juin, une résolution historique visant à renforcer les poursuites judiciaires contre les auteurs d'attaques meurtrières visant les Casques bleus. Cette initiative, portée par la France, a reçu un large soutien au sein de l'instance onusienne, avec 14 voix pour et une abstention (la Russie).

Un constat alarmant

Selon les données de l'ONU, 108 Casques bleus ont été tués dans des actes hostiles entre 2013 et 2023, soit une moyenne de près de 11 par an. Ces attaques, souvent perpétrées par des groupes armés non étatiques, restent largement impunies. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a souligné que « moins de 1 % des auteurs d'attaques meurtrières contre les Casques bleus sont traduits en justice ».

Les mesures clés de la résolution

La résolution, intitulée « Renforcement de la responsabilité pour les attaques contre les Casques bleus », demande aux États membres de coopérer davantage avec l'ONU pour identifier, poursuivre et punir les responsables. Elle encourage également le partage d'informations et de preuves entre les pays hôtes des missions de paix et les juridictions nationales. En outre, elle appelle à la création d'un mécanisme de suivi pour évaluer les progrès réalisés dans les poursuites.

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La position de la France

La France, qui a coparrainé la résolution, a salué son adoption. L'ambassadeur français auprès de l'ONU, Nicolas de Rivière, a déclaré : « Il est inacceptable que ceux qui attaquent nos Casques bleus restent impunis. Cette résolution envoie un signal fort : la communauté internationale ne tolérera plus ces crimes. » Il a également rappelé que la France est l'un des principaux contributeurs de troupes aux missions de maintien de la paix.

Les réactions internationales

Les États-Unis, le Royaume-Uni et d'autres membres du Conseil ont exprimé leur soutien. En revanche, la Russie s'est abstenue, arguant que la résolution pourrait empiéter sur la souveraineté des États. L'ambassadeur russe, Vassili Nebenzia, a estimé que « la priorité doit être donnée aux efforts de médiation et de prévention des conflits, plutôt qu'à une approche judiciaire qui pourrait être perçue comme intrusive ».

Un pas vers une meilleure protection

Cette résolution s'inscrit dans un contexte de multiplication des attaques contre les forces de maintien de la paix, notamment au Mali, en République démocratique du Congo et en Centrafrique. Selon l'ONU, 2023 a été l'année la plus meurtrière pour les Casques bleus depuis 2015, avec 42 morts. Les experts estiment que ce texte pourrait dissuader les futurs agresseurs et améliorer la sécurité des soldats de la paix.

Prochaines étapes

Le Conseil de sécurité a demandé au secrétaire général de lui remettre un rapport dans les six mois sur la mise en œuvre de cette résolution. Ce document devra notamment évaluer l'efficacité des mécanismes de coopération judiciaire et proposer des améliorations. Par ailleurs, l'ONU prévoit de renforcer la formation des Casques bleus à la collecte de preuves, afin de faciliter les poursuites ultérieures.

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