Tchernobyl : une liquidatrice raconte l'enfer 40 ans après
Tchernobyl : une liquidatrice témoigne 40 ans après

Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, provoquant la pire catastrophe nucléaire de l'histoire. Quarante ans après, les témoignages des survivants continuent de hanter les mémoires. Maria Ivanova, une ancienne liquidatrice ukrainienne aujourd'hui âgée de 72 ans, se souvient avec horreur de ces jours d'apocalypse.

L'horreur au cœur du réacteur

Maria était ingénieure de formation et faisait partie des premières équipes envoyées sur place après l'explosion. « Tout semblait craquer et fondre à l'intérieur », raconte-t-elle, la voix encore tremblante. « Le bruit était assourdissant, une sorte de grondement continu mêlé à des crissements métalliques. La lumière était aveuglante, d'un bleu irréel. »

Sa mission consistait à évaluer les dégâts et à tenter de contenir la propagation des radiations. « Nous portions des combinaisons de plomb, mais elles étaient inefficaces. La chaleur était insoutenable. Je me souviens avoir vu des morceaux de graphite incandescent projetés partout. »

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Des séquelles à vie

Comme des milliers de liquidateurs, Maria a payé un lourd tribut. « J'ai perdu mes cheveux en quelques semaines. J'ai eu des brûlures internes. Aujourd'hui encore, je souffre de problèmes thyroïdiens et d'une fatigue chronique. »

Elle dénonce également le manque de reconnaissance de la part des autorités. « On nous a envoyés là-bas sans nous dire la vérité. On nous a dit que c'était sans danger. Beaucoup de mes collègues sont morts dans l'année qui a suivi. »

Malgré tout, Maria ne regrette pas d'y être allée. « Si ce n'était pas nous, qui aurait arrêté le feu ? Nous avons sauvé l'Europe d'une contamination encore plus grande. »

Un anniversaire sous le signe de la guerre

Cette année, les commémorations du 40e anniversaire sont marquées par la guerre en Ukraine. La centrale de Tchernobyl, située dans la zone d'exclusion, a été brièvement occupée par les forces russes en février 2022. « Voir des soldats armés dans ce lieu déjà maudit, c'était une nouvelle insulte », confie Maria.

Elle appelle à ne pas oublier les leçons de Tchernobyl. « Le nucléaire est une technologie dangereuse. Il faut la maîtriser avec la plus grande rigueur. Et surtout, ne jamais mentir au peuple. »

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