Cascades du Sautadet : réouverture après des mois de conflit
Cascades du Sautadet : réouverture après conflit

Après plusieurs mois de tensions, les cascades du Sautadet, site touristique majeur situé sur la commune de La Roque-sur-Cèze, ont rouvert au public grâce à une convention passée entre la nouvelle municipalité et un camping. De quoi rétablir l’accès tout en encadrant la sécurité et la gestion du lieu.

Un site naturel exceptionnel de nouveau accessible

Installée sur sa chaise pliante, Linda profite de la vue. C’est la première fois que la Gardoise, qui vit du côté d’Alès, découvre les cascades du Sautadet. « C’est génial, c’est super joli. En plus c’est la saison parfaite car il n’y a pas trop de monde et il ne fait pas trop chaud. Je reviendrai assurément », confie-t-elle avec un sourire. Comme elle, en ce jeudi de vacances de Pâques, de nombreux touristes et locaux ont profité de la belle météo pour venir se promener et admirer ce site exceptionnel. Mais peu d’entre eux savent que ce haut lieu touristique gardois, qui accueille plus de 200 000 visiteurs chaque année, a été au cœur d’un conflit ces derniers mois. « J’en ai un peu entendu parler », fait simplement savoir Isabelle, une touriste marseillaise.

Une convention pour régulariser la situation

Le site a rouvert au public le 7 avril après qu’un accord a été trouvé entre la nouvelle municipalité et le camping des Cascades. Une convention d’occupation précaire a été signée entre les deux parties, autorisant de nouveau l’accès au terrain privé du camping qui longe la Cèze. « Ces cascades, c’est notre joyau, elles appartiennent à tous. C’est incongru que rien n’ait été fait avant pour qu’il y ait une prise en charge publique. Cette convention régularise la situation », souligne la nouvelle maire Marie-Laure Tedeschi. « Une de nos préoccupations principales était de rouvrir le dialogue, et de retrouver un accès libre, serein. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Car la sérénité n’était pas vraiment au rendez-vous l’été dernier dans la commune labellisée « Plus beau village de France ». Fin juin, un péage de trois euros avait été instauré sur la rive droite du site, une décision prise par le camping des Cascades, propriétaire des parcelles par lesquelles passent les touristes pour rejoindre la plage communale. « J’avais essayé de discuter avec le maire pour voir ce qui pouvait être mis en place au niveau de la sécurisation ou encore des déchets, relate le propriétaire Timante Ranzato. Mais il y a eu un refus total d’avancer sur ces différents points. Nous avons donc pris la décision de fermer l’accès pour gérer la sécurité en faisant appel à des vigiles. On ne peut pas, en tant que privé, assumer toutes les responsabilités s’il arrive un accident, sans compter toutes les nuisances que la fréquentation occasionne. »

Un impact économique significatif

Cette situation a eu de nombreuses répercussions sur le village, notamment économiques. De nombreux hébergeurs et commerçants ont témoigné, l’été dernier, d’une diminution de leur clientèle. « Cela avait fait de la mauvaise publicité pour la commune », indique la maire, chiffres du stationnement sur le parking payant à l’entrée du village à l’appui. « Il y a eu entre – 20 et – 25 % de fréquentation en juillet et août. » « Les gens traversaient aussi le pont pour se rendre sur la rive gauche. En plus du risque d’accident, c’était aussi une source de tension et d’énervement », complète son premier adjoint, Sébastien Guaquière.

Un site dangereux où la baignade est interdite

Les cascades du Sautadet sont un site extrêmement dangereux où la baignade est interdite. De nombreux accidents dramatiques s’y sont déroulés : des morts mais également des centaines de blessés, souvent des plongeurs et des nageurs imprudents, qui se réceptionnent mal ou tombent sur un rocher. La plupart de ces victimes se sont noyées, emportées par le courant ou plaquées au sol en profondeur par les marmites, ces redoutables concrétions calcaires dans lesquelles l’eau tourbillonne. Les visiteurs sont prévenus dès la sortie du parking payant. Un gros panneau rappelle que la « zone est interdite à toutes activités nautiques sous peine d’amende » par arrêté municipal du 7 mai 2003. La baignade n’étant tolérée qu’en aval des cascades, à une centaine de mètres de là, où se trouvent des plages sur les deux rives.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Vers une solution pérenne

La convention d’occupation précaire va désormais permettre de mieux définir les responsabilités entre acteurs publics et privés, notamment en termes de prévention des incendies, de gestion des déchets et de sécurisation de cette zone particulièrement à risque. Le but ensuite étant de trouver « une solution pérenne, avance Marie-Laure Tedeschi, avec un achat ou une location longue durée. Mais il faut qu’on prenne le temps de s’organiser, de trouver des financements, des partenariats. C’est une première marche qui laisse de l’espoir ».