Une mobilisation qui a fait suspendre l'abattage
Les habitants du Domaine du Cap Sicié, à La Seyne-sur-Mer, ont obtenu un sursis pour les grands pins menacés d'abattage. Sur la soixantaine d'arbres présents depuis des décennies sur une placette du lotissement, onze ont déjà été coupés et une quinzaine d'autres devaient subir le même sort. Mais face à l'indignation des riverains, les opérations ont été suspendues.
Des questions sur la nécessité des coupes
Les résidents dénoncent un manque d'information préalable et s'interrogent sur des alternatives moins radicales. Ils ont lancé une pétition et rencontré la mairie, propriétaire de la parcelle boisée, la Métropole étant en charge du chantier. Une réunion avec des experts a finalement abouti à un compromis : les riverains ont accepté de poursuivre l'abattage dans le cadre des obligations légales de débroussaillement (OLD) pour lutter contre les incendies, mais en épargnant deux arbres et en réduisant l'élagage.
Nouvelles interrogations sur la biodiversité
Malgré cet accord, le déboisement n'a pas repris. Les habitants craignent que les coupes créent des couloirs de vent dangereux pour les pins restants. Surtout, des nids d'oiseaux ont été retrouvés au sol après les premiers travaux. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a rappelé les lois sur la biodiversité. Des experts ont confirmé la présence d'espèces protégées comme les mésanges bleues, charbonnières, fauvettes et chauves-souris. Détruire leur habitat serait un délit.
Des réglementations contradictoires
Les riverains estiment aussi que les services de l'État s'appuient sur une cartographie obsolète pour appliquer les OLD. La pinède est classée en Espace boisé classé (EBC), ce qui nécessiterait une dérogation pour un déboisement important. Ils soulignent que le lotissement est protégé par une borne incendie proche et une caserne de pompiers à cinq minutes.
La position du maire
Face à ces anomalies supposées, les riverains ont écrit à la préfecture et à la métropole TPM, obtenant la suspension des coupes. Lors d'une réunion du comité d'intérêt local, le maire Dorian Munoz et le directeur des services techniques de TPM ont expliqué que les OLD, renforcées par un arrêté préfectoral de septembre 2025, visent à protéger les biens et les personnes. Le maire serait tenu responsable en cas de drame si l'arrêté n'était pas respecté. Toutes les parties ont convenu de se rencontrer prochainement sur site pour discuter.
Affaire à suivre.



