Macron en Syrie : une visite diplomatique et économique inédite
Macron en Syrie : visite diplomatique et économique

Emmanuel Macron est devenu, ce mercredi, le premier chef d'État occidental à se rendre en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011. Cette visite inédite, à la fois diplomatique et économique, marque un tournant dans les relations entre la France et le régime de Bachar al-Assad.

Un déplacement historique

Accompagné d'une délégation de plusieurs ministres et d'une vingtaine de chefs d'entreprise, le président français a atterri à Damas en début d'après-midi. Il a été accueilli par son homologue syrien, Bachar al-Assad, au palais présidentiel. Cette rencontre, la première entre un dirigeant français et le président syrien depuis 2011, a duré près de trois heures.

Selon l'Élysée, les discussions ont porté sur la situation politique et sécuritaire en Syrie, ainsi que sur les perspectives de reconstruction du pays. Emmanuel Macron a réaffirmé la position de la France sur la nécessité d'une transition politique inclusive, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU.

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Un volet économique important

Au-delà des enjeux diplomatiques, cette visite a également une forte dimension économique. La France souhaite renforcer sa présence économique en Syrie, notamment dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures et de l'agriculture. Plusieurs contrats ont été signés entre des entreprises françaises et syriennes, pour un montant total estimé à 2,5 milliards d'euros, selon des sources proches du dossier.

Parmi les accords conclus, on trouve un contrat de fourniture d'équipements médicaux d'une valeur de 500 millions d'euros, ainsi qu'un partenariat dans le domaine des télécommunications. TotalEnergies a également signé un protocole d'accord pour l'exploration pétrolière dans le nord-est du pays.

Des réactions mitigées

Cette visite suscite des réactions contrastées sur la scène internationale. Les États-Unis ont exprimé leur mécontentement, estimant que cette normalisation des relations avec le régime syrien est prématurée. De son côté, l'opposition syrienne en exil a dénoncé une « trahison » du peuple syrien.

En France, l'opposition politique est également divisée. Certains députés de gauche ont critiqué un « manque de principes », tandis que d'autres, à droite, saluent une « initiative courageuse » pour relancer le processus de paix. Selon un sondage Ifop publié ce matin, 45 % des Français approuvent cette visite, contre 38 % qui la désapprouvent.

Des enjeux humanitaires

Emmanuel Macron a également abordé la question humanitaire. Il a annoncé une aide supplémentaire de 100 millions d'euros pour les populations civiles syriennes, notamment dans les zones contrôlées par l'opposition. Cette aide sera acheminée par des organisations non gouvernementales françaises.

Le président français a également plaidé pour un accès humanitaire sans entrave et pour la libération des prisonniers politiques. Selon l'Élysée, Bachar al-Assad s'est engagé à faciliter l'acheminement de l'aide et à examiner les cas de certains détenus.

Une visite qui fait débat

Cette visite intervient alors que la guerre en Syrie a fait plus de 500 000 morts et déplacé des millions de personnes. Pour le gouvernement français, il s'agit de renouer le dialogue avec Damas pour trouver une issue politique au conflit. Cependant, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer une légitimation du régime de Bachar al-Assad, accusé de crimes de guerre.

Emmanuel Macron a justifié sa démarche en affirmant que « le dialogue ne signifie pas l'approbation ». Il a souligné que la France continuerait à soutenir les organisations de défense des droits de l'homme en Syrie.

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