Un cessez-le-feu sous conditions rejeté par le Hezbollah
Un nouveau cessez-le-feu a été conclu ce mercredi 3 juin 2026 entre Israël et le Liban, sous l'égide des États-Unis. Cet accord, qualifié de « dernière chance » par le président libanais Joseph Aoun, est conditionné à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah. Cependant, le mouvement chiite a immédiatement rejeté ces conditions, les qualifiant de « capitulation et défaite ».
Les détails de l'accord
L'accord prévoit la création de « zones pilotes » sous contrôle exclusif de l'armée libanaise après le retrait israélien de certaines parties du sud du Liban. Le président américain Donald Trump sera le « garant » de l'application de cet accord et fixera la date de sa mise en œuvre, qui pourrait entrer en vigueur dans les 24 heures. Le texte mentionne également que l'armée israélienne peut, à ce stade, poursuivre ses tirs et ses opérations sur le terrain, notamment dans la « zone de sécurité » frontalière, et conserver une liberté d'action pour frapper Beyrouth en réponse à des tirs sur le territoire israélien.
La position du Hezbollah
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté l'accord, exigeant un « cessez-le-feu global […] et sans liberté de tuer pour l'ennemi au Liban », ainsi qu'un retrait complet d'Israël. Mahmoud Qomati, haut responsable du mouvement, a également refusé un cessez-le-feu partiel, affirmant qu'il n'y aura pas de sécurité pour le nord d'Israël sans sécurité pour les villages du sud du Liban. Le Hezbollah a appelé le Liban à « arrêter la mascarade et l'humiliation des négociations ».
Les réactions israéliennes
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé que l'accord permet à l'armée israélienne de poursuivre ses tirs et de se maintenir dans la zone de sécurité. En revanche, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a qualifié l'accord de « grave erreur ».
Les frappes se poursuivent
Malgré le cessez-le-feu, Israël mène ce jeudi des raids dans le sud et l'est du Liban, avec une vingtaine de frappes signalées par l'Agence nationale d'information (ANI). L'armée israélienne a renouvelé son appel à évacuer la zone située au sud du fleuve Zahrani. Par ailleurs, un Casque bleu serbe a été tué et deux autres blessés dans une attaque de mortier d'origine indéterminée. Le Hezbollah a revendiqué des tirs de roquettes contre l'armée israélienne à Al-Qantara.
Le bilan humain
Depuis le début du conflit le 2 mars, plus de 3 500 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées, selon les autorités libanaises. Un précédent cessez-le-feu annoncé le 17 avril avait déjà été violé par les deux parties.
La position de la France
Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France « soutenait » ce cessez-le-feu et se tenait à disposition pour avancer sur ce chemin. Il a rappelé l'existence d'un mécanisme de coordination franco-américain pour le suivi et la vérification de la mise en œuvre de l'accord.



