Valérie Hayer a été la première à mettre les pieds dans le plat. « La dernière fois qu’on avait vu ça, c’était il y a neuf ans », s’est enthousiasmée la députée européenne devant les 4 000 soutiens de Gabriel Attal, réunis ce samedi 30 mai à la porte de Versailles (15ᵉ arrondissement), pour le premier grand meeting de la campagne présidentielle. Il y a neuf ans, le 10 décembre 2016, le jeune Emmanuel Macron enflammait le même Parc des expositions du sud de la capitale, avec une envolée vocale passée à la postérité : « Ce que je veux, c’est que vous alliez faire gagner notre projet. » Il avait 38 ans, un de plus que son ancien protégé aujourd’hui, alors que ce dernier se lance dans la course pour lui succéder.
Un meeting pour marquer la rupture
Pour les militants présents, la filiation est évidente. Sabine, lyonnaise de 48 ans qui loue « la jeunesse et la détermination » de son candidat, le voit comme « la suite logique » du président. « Mais Macron, c’est terminé. Et il est devenu impopulaire. Mettre une distance avec lui, c’est stratégique », confie-t-elle. Gabriel Attal, ancien Premier ministre et désormais secrétaire général de Renaissance, a précisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 lors de ce meeting. Il a appelé à « tout changer » et à « changer le système », reprenant les thèmes du renouveau qui avaient porté Emmanuel Macron en 2017.
Un discours de rupture
Dans son discours, Gabriel Attal a insisté sur la nécessité d’une transformation profonde du pays. « Nous ne pouvons pas continuer comme avant. Le système doit être réformé en profondeur », a-t-il déclaré, provoquant les applaudissements de la foule. Il a toutefois évité de critiquer directement le bilan d’Emmanuel Macron, préférant se concentrer sur des propositions nouvelles. Parmi celles-ci, la simplification administrative, la réduction des impôts pour les classes moyennes et un investissement massif dans la transition écologique.
Une stratégie de distanciation
Les observateurs notent que Gabriel Attal tente d’occuper l’espace politique ouvert par le président en 2017, tout en prenant ses distances avec un bilan jugé impopulaire. « Il faut incarner le renouveau sans renier totalement l’héritage », analyse un politologue. Le meeting de la porte de Versailles marque ainsi le début d’une campagne qui promet d’être serrée, avec une volonté affichée de rassembler au-delà du seul parti Renaissance.
Les militants, eux, sont confiants. « Gabriel a l’énergie et la vision pour porter ce projet », assure un jeune adhérent. Reste à savoir si cette stratégie de rupture dans la continuité séduira les électeurs français, à un an et demi du scrutin.



