Roderick Beaton, historien britannique spécialiste de la Grèce antique, n'hésite pas à défendre des idées à contre-courant. Alors que les partis eurosceptiques gagnent du terrain dans les urnes en faisant de la souveraineté des États-nations une priorité, Beaton affirme qu'il ne faut pas moins, mais plus d'Europe. Dans son ouvrage Europe, A New History (Allen Lane, non traduit en français), il retrace la longue histoire de l'idée européenne, depuis la première guerre médique jusqu'à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
2 500 ans d'histoire pour une leçon d'unité
De ces 2 500 ans d'histoire, Beaton tire une leçon centrale : c'est lorsqu'ils font face à une menace extérieure que les Européens se montrent les plus unis. Selon lui, les périodes de crise, comme les guerres médiques ou l'invasion de l'Ukraine, ont historiquement renforcé la cohésion européenne. Il souligne que l'Union européenne, bien qu'imparfaite, est le fruit de cette dynamique.
Un plaidoyer pour une Europe fédérale
L'historien rejette l'idée que la souveraineté nationale doive primer sur la coopération européenne. Il estime que les défis contemporains, qu'ils soient sécuritaires, économiques ou climatiques, nécessitent une réponse collective. Beaton critique les eurosceptiques qui, selon lui, ignorent les leçons de l'histoire en prônant un repli national.
Une perspective historique originale
L'ouvrage couvre une période vaste, de l'Antiquité à nos jours, en passant par l'Empire romain, les guerres napoléoniennes et les deux conflits mondiaux. Beaton montre comment l'idée d'Europe a évolué au fil des siècles, souvent en réaction à des menaces externes. Il cite notamment l'exemple de la guerre en Ukraine, qui a ravivé un sentiment d'unité face à l'agression russe.
Un appel à dépasser les divisions
Pour Beaton, l'Europe ne doit pas être perçue comme une menace pour les identités nationales, mais comme un cadre pour les préserver et les renforcer. Il conclut que l'unité européenne est non seulement souhaitable, mais nécessaire pour faire face aux défis du XXIe siècle. Son livre, bien que non traduit, suscite déjà des débats dans les cercles académiques et politiques.



