Chaque année, des scientifiques de Santé publique France, de l'Inserm et de la Drees (direction des statistiques du ministère de la Santé) publient un bilan des principales causes de mortalité, avec un décalage temporel. Pour 2024, plus de 641 000 décès ont été enregistrés. Rapporté à la population générale, le taux de mortalité des Français a baissé à un niveau historiquement bas : 777,9 pour 100 000 habitants, selon cette étude de référence.
Une mortalité encore supérieure aux tendances d'avant pandémie
Cependant, l'étude prévient que cette mortalité « reste significativement supérieure à celle à laquelle aurait conduit la prolongation des tendances 2015-2019 ou 2012-2019 », avant la pandémie de Covid qui avait provoqué un net rebond au début des années 2020.
Cancers et maladies circulatoires : premières causes de décès
Dans le détail, les tumeurs (principalement les cancers) représentaient 27,1 % des décès en 2024, et les maladies circulatoires (notamment cardiovasculaires) en ont causé 21,2 %. Ces deux chiffres sont en baisse, mais avec des réalités variables. « La mortalité par tumeur continue de baisser, à l’exception de celle du pancréas en hausse tendancielle, et de celles du poumon, des bronches et de la trachée chez les femmes », notent les trois institutions. Les décès liés aux tumeurs « concernent des personnes en moyenne plus jeunes que ceux toutes causes confondues », soulignent-elles.
Maladies respiratoires en hausse
Une troisième grande cause de décès, les maladies respiratoires, continue de progresser, une tendance déjà observée les années précédentes. Elles ont causé 8,2 % des décès, un chiffre qui n'inclut pas le Covid, dont les morts poursuivent leur baisse. « Cette augmentation s’explique notamment par une épidémie de grippe 2024-2025 caractérisée par un démarrage précoce, avec un pic atteint mi-janvier 2025 », détaille l'étude.
Causes inconnues ou imprécises
Parmi l'ensemble des décès, 4,8 % ont une cause inconnue et 16,5 % présentent une cause initiale insuffisamment précise. Ces causes imprécises incluent les arrêts respiratoires, la sénilité, les insuffisances cardiaques ou encore les septicémies sans précision sur leur point de départ.
Premier bilan pour 2025
Les chercheurs ont également dressé un premier bilan pour 2025, bien qu'il reste sujet à des incertitudes méthodologiques. Les tendances apparaissent similaires à 2024, avec une « légère baisse » des taux de mortalité des tumeurs et des maladies cardio-neurovasculaires.



