Un changement historique en Hongrie après seize ans de pouvoir Orbán
« Nous avons fait tomber le régime Orbán », « nous avons libéré la Hongrie ». Ces déclarations fortes ont été prononcées par Péter Magyar, le chef du parti d'opposition Tisza, après sa victoire aux élections législatives du 12 avril en Hongrie. Cet événement marque la fin de seize années de pouvoir du Premier ministre sortant Viktor Orbán, un tournant majeur dans la politique hongroise.
Une conférence de presse marathon pour présenter les nouvelles orientations
Au lendemain de ces élections historiques, le futur Premier ministre a tenu une conférence de presse marathon de trois heures à Budapest. Durant ce discours, Péter Magyar a clairement affiché sa volonté de tourner la page Orbán et de renouer des relations constructives avec l'Union Européenne.
Clarification sur le prêt européen à l'Ukraine
Contrairement à certaines affirmations circulant sur les réseaux sociaux, Péter Magyar n'a pas exprimé de refus concernant le prêt européen de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine. Il a au contraire assuré lever le veto hongrois exercé par son prédécesseur depuis plusieurs semaines sur cette aide européenne cruciale.
Le nouveau Premier ministre a cependant précisé un point important : Budapest restera en dehors de la contribution financière directe à ce prêt, conformément à l'accord initial trouvé par les dirigeants européens. « Je constate que les négociations se poursuivent à Bruxelles, mais il s'agit d'une décision qui a déjà été acceptée : la Hongrie bénéficie d'une clause d'exemption et restera en dehors », a-t-il déclaré.
Un refus catégorique sur l'adhésion ukrainienne à l'UE
Si Péter Magyar a levé le veto sur l'aide financière, il a exprimé un refus ferme concernant l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne. « Il s'agit d'un pays en guerre, il est totalement exclu que l'Union européenne admette un pays en guerre », a-t-il développé lors de sa conférence de presse.
La priorité : récupérer les fonds européens bloqués
Parmi les annonces importantes, Péter Magyar a déclaré vouloir « ramener [...] les fonds européens auxquels le peuple hongrois a droit ». Il s'agit d'obtenir le dégel des fonds européens destinés à la Hongrie, un montant de 18 milliards d'euros selon les estimations, bloqué par Bruxelles en raison du non-respect de l'État de droit par le gouvernement Orbán.
Rétablir l'État de droit et les institutions démocratiques
Dès le soir des résultats électoraux, le chef du parti Tisza a promis de rétablir « le système des freins et contrepoids », d'adhérer « au Parquet européen », et de garantir « le fonctionnement démocratique » du pays. Ces engagements visent à normaliser les relations avec les institutions européennes.
Perspectives économiques et monétaires
Dans le cadre du programme de réarmement de l'Union Européenne (plan SAFE), la Hongrie pourrait recevoir des dizaines de milliards d'euros supplémentaires. Par ailleurs, Péter Magyar a évoqué un éventuel passage à l'euro pour la Hongrie, sans toutefois avancer de calendrier précis pour cette transition monétaire importante.
Cette nouvelle ère politique en Hongrie s'annonce comme un moment charnière pour les relations du pays avec l'Union Européenne, avec des implications significatives pour la stabilité régionale et la coopération européenne.



