Négociations USA-Iran à Islamabad : un échec prévisible et ses conséquences géopolitiques
Échec des pourparlers USA-Iran à Islamabad : analyse

Négociations USA-Iran : un échec annoncé à Islamabad

Chronique d'un échec prévisible. C'est le titre que l'on pourrait attribuer à la séquence de pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, qui s'est achevée dans la nuit de samedi à dimanche à Islamabad. « Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord », a déclaré J. D. Vance, le vice-président américain, marquant ainsi l'impasse des discussions.

Des positions irréconciliables

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réagi sur X en affirmant : « Mes collègues ont présenté des initiatives constructives, mais en fin de compte, l'autre partie a été incapable de gagner la confiance de la délégation iranienne lors de cette session de négociations. » David Rigoulet-Roze, chercheur spécialisé sur le Moyen-Orient, souligne que ce résultat n'est pas une surprise, les deux parties étant peu optimistes dès le départ.

Les États-Unis avaient pourtant envoyé un signal fort en dépêchant J. D. Vance sur place, un vice-président américain et isolationniste zélé. Mais selon le chercheur, « les exigences iraniennes étaient à de nombreux égards surréalistes », avec deux plans complètement incompatibles et aucun compromis possible.

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Le nucléaire : point de rupture central

Pour David Rigoulet-Roze, le démantèlement du programme nucléaire iranien reste la ligne rouge des deux parties. « Pour les Américains, c'est une ligne rouge, qui ne pourra pas être négociée. Or, c'est précisément également la véritable ligne rouge des Iraniens », explique-t-il. J. D. Vance a insisté lors d'une conférence de presse sur la nécessité d'un engagement formel de l'Iran à ne pas chercher l'arme nucléaire.

Blocus naval et guerre du temps

Face à ce cul-de-sac, Donald Trump a annoncé un blocus naval immédiat du détroit d'Ormuz, bloquant tous les navires. L'objectif, selon le chercheur, est de « retourner l'arme fatale du régime iranien contre lui-même », en empêchant l'exportation de pétrole iranien, notamment vers la Chine.

Mais le blocus ne résoudra pas le conflit à lui seul. L'Iran joue la montre, profitant de l'impatience de Trump, contraint par une temporalité courte avant les Midterms. Seulement 27 % des Américains soutiennent cette intervention selon un sondage Reuters/Ipsos. Cependant, les Iraniens jouent un jeu dangereux en sous-estimant l'imprévisibilité radicale de Trump.

Une situation inextricable

L'intransigeance iranienne pourrait avoir un coût insoupçonné. David Rigoulet-Roze compare la situation à un jeu d'échecs : « Ils ne sont pas disposés à accepter de faire un gambit – sacrifier la reine, à savoir le nucléaire, pour sauver le roi, c'est-à-dire le régime lui-même. »

La stratégie de Donald Trump, bien qu'erratique, reste focalisée sur un objectif unique : empêcher l'Iran de posséder l'arme nucléaire. Comme il l'a déclaré à Pâques, « cette guerre n'a qu'un seul but ». Le statu quo n'est pas possible, et quel que soit le scénario, le problème du nucléaire reviendra au centre des préoccupations.

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