PMI Flash : plus fort recul depuis 5 ans et demi, craintes de récession en France
PMI Flash : recul record, craintes de récession en France

L’indice PMI Flash enregistre son plus fort recul depuis cinq ans et demi, alimentant les craintes d’une récession en France sur fond de crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient.

Un indicateur au plus bas

Les nuages s’amoncellent pour l’économie française : la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient a donné en mai un sérieux coup de frein à l’activité du secteur privé, nourrissant les craintes d’une possible récession. L’indice PMI Flash, baromètre avancé de la santé de l’économie, a connu son plus fort recul depuis cinq ans et demi en mai, a indiqué jeudi S&P Global qui le publie, évoquant « un risque de récession » qui « a très clairement augmenté » dans la deuxième économie de la zone euro.

Cet indicateur, calculé à partir de sondages auprès d’entreprises pour mesurer l’activité du secteur privé, s’est effondré à 43,5 en mai contre 47,6 en avril, alors qu’un niveau inférieur à 50 traduit une contraction de l’activité. Il s’agit d’un plus bas de 66 mois. Ce baromètre est particulièrement plombé par les services : l’indice correspondant tombe à 42,9 en mai contre 46,5 en avril, là encore un plus bas de 66 mois. Dans l’industrie manufacturière, l’indice de la production est tombé sous le seuil de 50 en avril, tout comme l’indice de l’industrie manufacturière qui synthétise plusieurs thèmes dont la production. Dans les deux cas, il s’agit d’un plus bas de six mois.

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Une activité en net repli

« Le repli de l’activité globale a affiché un rythme inégalé depuis la fin de l’année 2020 », relève l’étude. « La guerre a en effet généré de fortes pressions sur les coûts du carburant et de l’énergie ainsi qu’un climat d’incertitude économique, qui ont pesé sur l’activité ».

Concernant les prix des achats et ceux facturés par les entreprises, les indices qui les mesurent ont continué de révéler des tensions inflationnistes accrues. Pour Joe Hayes, économiste à S&P Global Market Intelligence, l’enquête « dresse un constat alarmant de la santé de l’économie du pays ». « Les répercussions du choc pétrolier sur les prix se prolongent et s’intensifient », explique-t-il. « Les inquiétudes se cristallisent maintenant sur une hausse plus généralisée des prix, susceptible d’entraîner une nouvelle dégradation de la demande », relève-t-il encore.

Des perspectives de croissance incertaines

Le volume global des nouvelles affaires a enregistré en mai son plus fort recul depuis novembre 2020, selon les données PMI, particulièrement soutenu dans les services. L’inflation en France s’est établie à 2,2 % sur un an en avril. L’Insee publiera la semaine prochaine la première estimation de l’inflation en mai. Pour Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, « les indicateurs PMI envoient un signal clair : l’économie française pourrait se contracter au deuxième trimestre ». Les économistes d’ING tablent sur une légère contraction du produit intérieur brut (PIB) de 0,1 % au deuxième trimestre, après une croissance nulle au premier trimestre. La Banque de France a, elle, indiqué la semaine dernière prévoir une activité « ralentie » au deuxième trimestre, sans la chiffrer à ce stade.

« Si le détroit d’Ormuz est bloqué et que le baril monte à 150 ou 180 dollars, là il y aura une récession »

La récession correspond à deux trimestres consécutifs de recul du PIB, selon la définition communément admise. Pour l’économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco, cette perspective dépendra largement de l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures. « Les chiffres du PMI sont mauvais et on s’y attendait » et « on ne peut pas écarter le scénario de récession », estime-t-il. Mais « il n’est pas certain à ce stade ». « Si la situation se décante dans les semaines ou les mois qui viennent, je pense qu’on n’aura pas de récession », poursuit-il. Mais « si le détroit d’Ormuz est bloqué et que le baril monte à 150 ou 180 dollars, là il y aura une récession ».

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La Commission européenne a revu nettement à la baisse jeudi ses prévisions de croissance pour la zone euro cette année, à 0,9 % (au lieu de 1,2 % en novembre), et dans une moindre mesure pour la France, à 0,8 % (contre 0,9 % prévu avant). Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présenter jeudi de nouvelles aides pour aider les secteurs les plus touchés par la crise énergétique, tout en mettant en garde contre les conséquences sur le budget, pour lequel des économies seront nécessaires.