E3 : France, Allemagne et Royaume-Uni veulent négocier avec la Russie
E3 : Paris, Berlin et Londres poussent pour des négociations

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, dont le regroupement informel est surnommé E3, travaillent actuellement avec l'Ukraine pour amener la Russie à la table des négociations dans l'espoir de mettre fin à la guerre, convaincus que le vent a tourné en faveur de Kiev. Effectivement, alors que les pourparlers menés par Washington sont au point mort et que les troupes russes subissent des pertes humaines et matérielles croissantes, les trois puissances européennes y voient une opportunité d'entamer les discussions avec le Kremlin, ont indiqué des sources proches du dossier à Bloomberg.

Une pression accrue sur Moscou

De son côté, les forces ukrainiennes ont accru la pression sur Moscou, à coups de frappes de drones en profondeur sur le territoire russe. Ce mercredi 3 juin, Kiev menait par exemple un raid de drone sur des sites énergétiques et militaires de Saint-Pétersbourg. Le mois dernier, la Russie revoyait à la baisse son défilé militaire annuel, par crainte de cet arsenal de longue portée. À ces pressions s'ajoutent quelques signes de résistance à la guerre dans les plus hautes sphères moscovites, indique Bloomberg.

Un calendrier rythmé par l'urgence

Le calendrier des alliés européens serait également motivé par l'espoir que négocier dès maintenant permettrait d'éviter à l'Ukraine de traverser un nouvel hiver difficile. En 2025, la Russie a intensifié ses attaques contre les civils et les infrastructures énergétiques au cours de cette période, symptôme d'une guerre d'usure où Vladimir Poutine cherche à saper le moral des Ukrainiens.

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D'autant plus que, du côté de Kiev, le temps presse. Volodymyr Zelensky a averti que l'Ukraine avait un besoin urgent de moyens de défense aérienne, alors que la Russie continue de bombarder les villes du pays. Ce mercredi, après une nuit rythmée par les bombes de Moscou, le président ukrainien a exhorté Washington à livrer rapidement des missiles intercepteurs Patriot afin que le pays puisse "se défendre contre les missiles de croisière comme contre les missiles balistiques". Et d'assurer : "Il y a suffisamment de missiles dans le monde pour assurer cette protection. Ce qu'il faut, c'est la volonté politique de veiller à ce que l'Ukraine les reçoive."

Les Européens ne devraient pas "supplier"

Le mois dernier, alors que la reprise des discussions avec Vladimir Poutine était déjà évoquée, Volodymyr Zelensky a déclaré que les 27 devraient essayer de s'imposer à la table des négociations, jusqu'alors principalement dirigée par les États-Unis, appelant également les alliés à accroître la pression sur le Kremlin. De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a également laissé entendre qu'elle pourrait jouer le rôle de négociatrice des 27 dans le cadre de ces futurs dialogues.

Toutefois, des sources ont souligné au média américain que la décision finale quant à la poursuite des tentatives de dialogue avec la Russie revenait à Volodymyr Zelensky, précisant que les trois pays européens ne feraient pas pression sur le président ukrainien. Keir Starmer, Friedrich Merz et Emmanuel Macron s'entretiendront dans les prochains jours.

Côté Vieux Continent, l’idée d’engager le dialogue avec la Russie ne fait pas que des heureux, y compris parmi les responsables des pays de l'E3, indique Bloomberg. Ces opposants font valoir que ce n’est pas le moment de discuter avec Moscou, "car Vladimir Poutine n’a montré aucun signe de volonté sérieuse de négocier et continue de formuler des exigences maximalistes, notamment que l’Ukraine cède des territoires non occupés", rapporte le média. Plutôt que de discuter, ces détracteurs estiment que les alliés devraient plutôt profiter de ce moment d'affaiblissement de la Russie pour augmenter la pression en renforçant les sanctions européennes et fournir à Kiev les armes qu'elle réclame.

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Enfin, ces sources ont estimé auprès de Bloomberg que Paris, Londres et Berlin devraient collaborer avec les États-Unis pour amener la Russie à la table des négociations. "Les pays européens ne devraient pas être ceux qui supplient Poutine de dialoguer, ce devrait être l’inverse compte tenu des difficultés économiques croissantes de la Russie et de ses taux de pertes mensuels stupéfiants", ont jugé certaines de ces personnes aux journalistes. Interrogés, les porte-parole de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne n'ont pas souhaité répondre aux questions de Bloomberg.