Fusillade de San Diego : le profil terrifiant des deux jeunes tireurs néonazis
San Diego : profil des tireurs néonazis de la mosquée

L'incompréhension est totale dans cette mosquée, la plus grande de San Diego (Californie). Les deux adolescents s'étaient rencontrés en ligne, possédaient une trentaine d'armes à feu et arboraient des signes nazis : les détails des auteurs de la fusillade dans une mosquée de San Diego commencent à être rendus publics par les autorités de la ville, mais ils n'éclairent pourtant pas beaucoup sur les motivations de ce crime qui semble n'avoir qu'un seul ressort, la haine.

Trois personnes ont été tuées lors de cette attaque surprise : un agent de sécurité et deux membres de la mosquée. L'issue aurait pu être bien plus dramatique si les assaillants n'avaient pas été ralentis dans leur folle entreprise : 140 enfants se trouvaient à l'intérieur du bâtiment. Alertés par l'agent de sécurité, ils ont pu fuir à temps.

Les deux auteurs de l'attaque, Cain Clark (17 ans) et Caleb Vazquez (18 ans), ont fini par battre en retraite et rejoindre leur véhicule. Les images qu'ils diffusaient en direct sur une plateforme montrent l'un d'eux tirer deux balles dans la tête de son partenaire, avant de se suicider.

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La police, alertée par la mère de l'un des deux qui l'avait vu partir en tenue de camouflage, était déjà en route vers la mosquée. Les enquêteurs ont découvert à l'intérieur de la voiture des assaillants des écrits islamophobes. Sur l'arme de l'un des deux adolescents, une croix gammée était également gravée, accompagnée de trois mots : « guerre raciale maintenant » (« race war now »).

Partisans d'un suprémacisme blanc

D'autres documents ont dévoilé un peu plus l'imaginaire rempli de haine qui s'était emparé des deux garçons. « Ils ne faisaient aucune distinction quant aux personnes qu'ils haïssaient », a relevé Mark Remily, l'agent principal du FBI à San Diego.

Partisans d'un suprémacisme blanc, leurs écrits véhiculent une rhétorique haineuse à l'égard de tout ce qui n'est pas un homme blanc chrétien : les Juifs, les musulmans, l'islam, ainsi que la communauté LGBTQ, les personnes noires, les femmes. Selon ces écrits laissés derrière eux, les deux jeunes hommes exprimaient la conviction que les Blancs sont en voie d'élimination. L'un d'eux a aussi évoqué les problèmes mentaux qu'il a rencontrés, ainsi que des difficultés avec les filles.

Les enquêteurs ont également trouvé au moins 30 armes à feu, des munitions et une arbalète, dans les maisons familiales fouillées après l'attaque. La police tente de déterminer si les tireurs avaient des projets plus vastes.

La plus grande mosquée de San Diego

Sur place, l'incompréhension est totale. Le Centre islamique de San Diego abrite la plus grande mosquée de cette métropole de 1,4 million d'habitants, ainsi qu'une école. Ramzy, le fils d'une des trois victimes, s'est confié à l'AFP : « Tout le monde est vraiment sous le choc, c'est difficile de croire que c'est réel, a dit ce jeune homme. On est tous encore en train d'essayer de comprendre ce qui se passe. »

Le profil des deux tireurs ne laissait pas présager une telle radicalisation. Cain Clark allait être diplômé de son école, et avait fait partie jusqu'à l'an dernier de l'équipe de lutte du lycée. Ce n'est que le matin de l'attaque qu'il a été signalé à la police comme un « mineur en fugue » par sa mère, et décrit comme « suicidaire » après avoir quitté la maison familiale avec des armes.

« Nous ne nous serions jamais attendus à ce que de telles choses se produisent au Centre islamique de San Diego, a déclaré l'imam Taha Hassane. Nous avons l'habitude de recevoir des courriers haineux, des messages violents, de voir des gens passer en voiture pour nous insulter, et tout ce genre de choses. Mais un crime aussi horrible, cela, nous ne l'avions jamais imaginé. »

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