L'administration Trump s'en prend désormais à Yale, l'une des plus prestigieuses universités américaines. Dans la lignée de ses précédentes attaques envers les institutions éducatives et culturelles, le ministère de la Justice a accusé, jeudi, l'école de médecine de Yale de discrimination envers les candidats blancs et asiatiques. En cause, une prétendue enquête sur les pratiques en matière de diversité au sein de cette université d'élite.
Un nouvel épisode de la campagne anti-universités
Il s'agit d'un nouvel épisode de la campagne du président Donald Trump contre les universités américaines, qu'il accuse notamment de promouvoir une idéologie « woke », terme utilisé péjorativement par les conservateurs pour dénoncer des politiques progressistes et inclusives. « Des documents internes à Yale montrent que sa direction a intentionnellement sélectionné des candidats en fonction de leur race », a déclaré le ministère de la Justice dans un communiqué.
Le ministère allègue plus précisément, sur la base des données d'admission, que « les étudiants noirs et hispaniques ont une chance bien plus élevée d'être admis à Yale que les étudiants blancs ou asiatiques ayant les mêmes résultats aux tests ».
Réaction de l'université
Interrogée par l'AFP, l'université a promis « d'étudier attentivement » la demande du ministère de la Justice. L'école de médecine « est confiante dans la rigueur de son processus d'admissions », a indiqué un porte-parole dans un courriel.
La fin de la discrimination positive
L'épisode intervient alors que la discrimination positive, longtemps promue aux États-Unis, est désormais battue en brèche. La Cour suprême a statué en 2023 que les mesures de discrimination positive, qui étaient pratiquées depuis des années par les universités pour favoriser la diversité dans leur recrutement, étaient illégales.
Le ministère de la Justice affirme que Yale ne s'est pas conformée à cette décision et a continué à pratiquer des admissions fondées sur l'origine des candidats. Avant d'envisager d'éventuelles poursuites, le ministère assure vouloir « conclure un accord de résolution amiable avec l'université » afin qu'elle se mette « en conformité avec la loi ».
Sans que le DOJ (Department of Justice) ne précise ce que pourrait contenir cet accord. Précédemment, les universités poursuivies par l'administration Trump avaient dû s'acquitter d'importantes sommes d'argent pour voir les poursuites abandonnées.
Trump et l'arme des financements
La semaine dernière, l'administration Trump avait lancé une attaque similaire contre l'école de médecine de l'Université de Californie à Los Angeles. Dans le cadre de sa vaste offensive visant à mettre au pas les établissements d'enseignement supérieur, Donald Trump a menacé de supprimer les financements fédéraux.
Il utilise cette arme comme levier de négociation avec des universités qu'il juge trop libérales, en exigeant qu'elles acceptent des modifications de leurs programmes, de leurs politiques d'inscription ou d'autres aspects de leur fonctionnement.
L'administration républicaine a également réduit ou gelé les financements consacrés à la recherche universitaire, dans le cadre de coupes budgétaires plus larges depuis son entrée en fonctions en janvier 2025. Installée à New Haven, dans le Connecticut (nord-est) depuis le début du XVIIIe siècle, Yale est l'une des universités les plus anciennes et les plus prestigieuses des États-Unis.



