Des élus démocrates enquêtent sur les grâces présidentielles de Trump
Enquête démocrate sur les grâces de Trump

Des personnes ont-elles versé de l'argent en échange de l'obtention de grâces présidentielles de la part de Donald Trump ? C’est ce que suspectent plusieurs élus du parti démocrate. Deux d’entre eux, le Représentant Dave Min (Californie) et le sénateur Peter Welch (Vermont), ont déclenché une enquête parlementaire pour tenter de faire la lumière sur une pratique qui a été largement critiquée : des pardons venus de la Maison Blanche à destination de personnalités sulfureuses, condamnées pour des crimes en col blanc.

Des soupçons de corruption

« Cette série de grâces et de commutations de peine, prononcées par le Président Donald Trump, lève de sérieux doutes concernant la corruption, la transparence et l’abus du pouvoir exécutif », écrivent-ils dans le communiqué de presse détaillant leur initiative.

Parmi les cas étudiés figure celui de Changpeng Zhao, fondateur de la plateforme de cryptomonnaies Binance. L’homme d’affaires avait plaidé coupable en 2023 pour violation des lois antiblanchiment avant d’être gracié par Donald Trump l’an dernier. Les élus s’intéressent notamment aux liens entre Binance et World Liberty Financial, une entreprise de cryptomonnaie qui appartient à la famille Trump.

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Le cas Trevor Milton

Autre dossier sensible : celui de Trevor Milton, ancien patron du constructeur automobile Nikola. Condamné pour avoir trompé des investisseurs, il avait écopé de quatre ans de prison avant d’être gracié en mars 2025. Selon les démocrates, Milton et son épouse avaient auparavant versé plusieurs millions de dollars à la campagne présidentielle de Donald Trump et à des organisations politiques proches de lui.

17 graciés de Trump doivent s’expliquer

Les démocrates soupçonnent que certaines grâces aient été accordées dans des circonstances « suspectes », au bénéfice de riches donateurs, d’alliés politiques ou de personnalités disposant d’un accès privilégié au cercle rapproché du président. « La grâce présidentielle ne peut pas devenir un outil de favoritisme politique, de corruption ou de transactions donnant-donnant », écrivent les démocrates dans leur communiqué commun.

Dix-sept personnes graciées par Trump ont reçu, ou vont recevoir, des courriers, dans le cadre de cette enquête, visant à « déterminer si des contributions financières, des lobbyistes, des intermédiaires ou des relations personnelles ont joué un rôle dans l’obtention d’une mesure de clémence présidentielle ».

« À un moment où les Américains perdent déjà confiance en nos institutions, le Congrès a la responsabilité d’exercer son contrôle et de veiller à ce que nul, y compris un président en exercice, ne soit au-dessus de l’obligation de rendre des comptes », écrivent encore les deux élus.

Les Midterms dans le viseur

Au-delà de possibles conflits d’intérêts, les démocrates dénoncent aussi l’impact financier de ces décisions sur les victimes des fraudes concernées. Selon eux, les pardons et commutations signés par Donald Trump ont supprimé des centaines de millions de dollars d’amendes et d’indemnisations qui auraient dû être versées aux personnes lésées.

« Les victimes sont frappées deux fois : non seulement les responsables échappent à leur peine, mais ils ne remboursent même plus l’argent qu’ils devaient », a déclaré Dave Min à CBS News.

Les démocrates, minoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat, ne disposent pas du pouvoir d’assignation et ne peuvent contraindre les destinataires à coopérer. Mais ils préviennent déjà que ces grâces présidentielles pourraient devenir un axe majeur d’investigation s’ils reprennent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat.

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